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Trains d’enfer

Mercredi 4 juillet, Lior, adolescent de 15 ans monte dans le TGV Lyon-Toulouse, tout comme Yassine, 18 ans et un ami à lui. Tous sont dans le même wagon. Dans un entretien accordé au Midi Libre, le jeune Yassine explique avec clarté l’altercation qu’il a eu avec l’adolescent. Point d’agression lâche de deux sauvages musulmans sur un jeune juif innocent.

Yassine demande à l’adolescent d’aller téléphoner dehors, car il est trop bruyant. Au bout de la deuxième fois, l’adolescent lui fait signe de le rejoindre dans le sas. Il lui assène ensuite un coup de tête, lui brisant le nez. Yassine répond, et c’est son camarade qui viendra les séparer. « On était à 10 minutes de Valence, la sûreté ferroviaire est montée, je leur ai dit : “S’il porte plainte, je porte plainte.” Le jeune a dit : “Personne porte plainte et chacun rentre chez soi, c’est mieux comme ça.” On est ensuite arrivés à Lyon, on est allés à la caserne, le lendemain on a fait nos examens médicaux, tout était bon, on pouvait faire ce qu’on voulait à l’armée. A 11 h, la police est venue nous chercher. »

Le reste, est une histoire connue. Emballement médiatique condamnant d’une voix des jeunes « sauvages » agressant un adolescent juif, commettant un « crime antisémite lâche»… Comme l’a bien résumé l’un des jeunes accusé, « deux Français qui se battent, c’est 24 h de garde à vue, deux arabes qui se battent, c’est 24 h de garde à vue. Mais si c’est un arabe et un juif qui se battent, tu peux prendre dix ans. »

 Il semble que l’histoire se répète. On ne saurait revenir assez sur ce qui est devenu “l’affaire du RER D”. Un tel emballement médiatique aurait du servir de leçons aux responsables politiques. Rappelez-vous : Marie D. portait plainte pour agression antisémite. Sans témoin, sans signalement, les médias et politiques avaient sauté sur l’occasion alors que la jeune fille, 3 jours plus tard, se rétractait.

Cette fois ci, ça en est trop. Le CCIF appelle Yassine à porter plainte afin d’exiger réparation. Le CCIF soutiendra Yassine en se portant partie civile, afin que cesse l’impunité dont bénéficient les responsables politiques vis à vis des jeunes musulmans. Le mythe récurrent d’un « nouvel antisémitisme », qui gangrènerait les jeunes d’origine maghrébine doit cesser d’être distillé dans la société car en plus d’être faux, il ne sert qu’à mettre dos à dos des communautés.

Encore une fois, sans même prendre la peine de vérifier quoique ce soit, les médias et les pouvoirs publics se sont jetés sur le spectre infondé d’une agression antisémite.  Ainsi, le musulman serait par essence antisémite, et comme l’exprimait Richard Prasquier, le juif, lui, n’aurait jamais fait preuve de violence face aux musulmans.

Jamais ?

Saïd Bourarach était marié et père de trois enfants. Le 30 mars 2010, il a été sauvagement agressé et assassiné par des agresseurs de confession juive alors qu’il fermait le magasin dans lequel il travaillait. Son corps sans vie et passé à tabac avait été retrouvé dans le canal de l’Ourcq. Si les agresseurs ont rapidement été retrouvés, ils ne sont toujours pas condamnés.

Une autre affaire encore, celle d’Habib Grimzi, meurtre qui a donné lieu à un film par Roger Hanin (Train d’enfer). Un jeune algérien est roué de coups et jeté vivant d’un train par trois candidats à la légion, dont Anselmo Elviro-Vidal, de confession juive. Mais à l’époque, ces violences étaient décriées, médiatisées, condamnées.

Désormais, les agressions, dans ce sens, semblent ne plus intéresser les médias, ni Manuel Valls, l’actuel ministre de l’intérieur. La preuve ? Les agressions répétées et filmées comme un trophée (la dernière en date est survenue le 28 juin dernier, sur la personne d’Olivia Zémor) de la Ligne de Défense Juive, qui bénéficie d’une impunité en France rarement égalée. Qu’aurait-on dit si un groupe de musulmans se filmaient en train d’agresser une femme dans la rue ? Il y a fort à parier que tous se seraient engouffré dans le filon de « l’Islam radical menaçant la république ».
Alors, pourquoi vouloir à tout pris séparer l’antisémitisme de l’islamophobie ? Pourquoi refuser d’admettre que la violence touche toutes les communautés ? Pourquoi cette vision manichéenne qui cherche à construire le musulman comme un barbare, haïssant les juifs ?

Saïd Bourarach, mais aussi plus récemment, cette jeune femme de Livry Gargan, ou encore ces enfants, interrogés lors d’un rassemblement militaire, exemples parmi d’autres, seront toujours là pour rappeler le contraire.

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