Faire taire Philippe Mao

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En 2012 en France, il coûte encore cher de dénoncer une islamophobie d’état en public. Le vice procureur Philippe Mao en a récemment fait les frais. Ce magistrat avait, lors de son réquisitoire contre le profanateur de tombes de Castres, imputé ces actes à un climat d’islamophobie alimenté par l’Etat*. Mais le discours de Mao n’a pas ravi tout le monde. Bernard Carayon, député UMP et ancien membre du GUD, s’en est plaint au ministre de la justice Michel Mercier, qui s’est alors empressé de faire inspecter le vice-procureur.

Cette forme de censure, vivement dénoncée par le syndicat de la magistrature et mise en lumière par le site Mediapart, est plus que déplorable. Si les paroles islamophobes des élus sont rarement punies, à peine la voix d’un magistrat ose s’élever contre la politique du gouvernement qu’il se fait rappeler à l’ordre. Serait-il devenu indispensable de rappeler à notre cher ministre que la justice se doit d’être indépendante ? Comme le rappelle avec brio le Syndicat de la Magistrature dans un communiqué, « n’en déplaise à Monsieur Carayon, les magistrats ne sont pas les fantassins de l’Etat-UMP ».

* Il avait notamment déclaré :

Ce que nous avons à juger, c’est le résultat d’un vent mauvais qui souffle sur notre pays depuis de nombreuses années et dont je crois pouvoir dire que les plus hautes autorités de l’Etat n’y sont pas étrangères et alimentent ce climat même si ce ne sont pas les seules. Il y a les incendiaires qui poussent avec leurs mots et ceux qui les appliquent


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