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Femme renversée par un chauffard : “Son visage montrait une totale indifférence”

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Il y a tout juste un an Hannah était renversée par un chauffard. Elle portait un foulard lorsqu’elle traversait au passage piéton et que le conducteur d’une voiture ne s’est pas arrêté. La voiture la renverse et prend la fuite. Dans l’hypothèse d’un acte volontaire, qu’est-ce qui a pu pousser le conducteur à lâcher le frein et à appuyer sur l’accélérateur ? On pourrait craindre de voir dans cet évènement les conséquences réelles des politiques et discours islamophobes. 

Pour Hannah il est clair qu’un simple accident n’est pas possible, celle-ci a bien croisé le regard du conducteur avant de traverser la route. Elle l’a recroisé une deuxième fois, après s’être retrouvée projetée sur le capot de la voiture. Ce qu’elle voit la terrifie: “son regard était vide, son expression du visage montrait une totale indifférence” déclare-t-elle. Elle croise également le regard d’un adolescent assis sur le siège passager. 

Ce sont ces regards vides, et l’apathie du conducteur qui va continuer sa route, qui habitent Hannah depuis un an. Celle-ci a peur de sortir, peur de la route, peur des voitures, et souffre aussi de séquelles physiques

Hannah a tout d’abord le sentiment que son affaire est ignorée.

Après avoir porté plainte il y a un an, elle se rend régulièrement au commissariat. On lui explique à chaque fois que les suites de l’enquête seront données par courrier, on lui a récemment évoqué un report dû à la crise sanitaire. 

La police nationale et municipale semblent se renvoyer la balle de la vidéosurveillance, la police municipale déclarant que la plaque du chauffard est illisible, et la police nationale met en doute ce verdict, elle évoque même d’autres caméras dont on pourrait potentiellement vérifier les images, mais sans donner plus d’informations sur la suite de l’enquête.

Abasourdie, elle raconte le dernier évènement en date:

«Mon avocat m’a annoncé il y a environ deux semaines que l’affaire avait été classée sans suite en août 2019 (soit trois mois après mon accident). »

Elle découvre alors qu’elle aurait fait face à sept mois de mensonge.

Hannah a subi un préjudice moral et physique énorme, son agresseur présumé pourrait être inculpé pour tentative d’homicide, et un témoin qui se trouvait sur le siège passager a vu la scène. On se demande ce qui dans cette affaire mérite un classement sans suite. 

Est-ce là le paradoxe de la justice ? Si chaque citoyen est égal, quelle part l’arbitraire joue-t-il dans les mécanismes allant depuis la plainte jusqu’au tribunal ? A-t-on voulu négliger la plainte de Hannah ? Et pourquoi ? La difficulté rencontrée pour faire aboutir la plainte pourrait contribuer. démontrer l’existence d’une islamophobie structurelle.

Accompagnée par le CCIF, Hannah souhaite faire appel de cette décision.

Parmi les recommandations que fait régulièrement le CCIF à l’égard des forces de l’ordre, nous rappelons celle-ci, qui est majeure :

  • Réformer le système actuel de saisie des plaintes. Toutes les données doivent être enregistrées informatiquement et le motif racial, notamment islamophobe (ou antimusulman), de la discrimination, doit être systématiquement inclus dans les plaintes.

% commentaires (1)

Salam aleykoum, ce salut mérite t-il un renversement ?
Il n’est pas étonnant que ce type de violence exacerbée par une ambiance nationale délétère ,une islamophobie institutionnelle,des appels à la haine émanant des médias ,se fasse jour dans l’indifférence totale,mettant en exergue la dichotomie entre des discours démagogiques et une réalité qui frappent essentiellement les femmes .

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