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L’intervention socio-éducative à l’épreuve du phénomène de radicalisation

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Par Yassmine Mouchouni, étudiante en Sciences de l’Éducation parcours Cadre d’Intervention en Terrains Sensibles et assistante sociale de formation

et

Natidja Abdallah, psychologue clinicienne interculturelle

Le cadre de l’information préoccupante

L’intervention socio-éducative est une prérogative des travailleurs sociaux. Le travail social se fonde sur la relation à l’autre dans sa singularité et le respect de sa dignité. Il vise à permettre l’accès effectif de tous à l’ensemble des droits fondamentaux et à assurer la place de chacun dans la cité. Les principes de solidarité, justice sociale, laïcité, de responsabilité collective et le respect des différences, des diversités, de l’altérité sont au cœur du travail social.[1] On recense parmi les nombreuses missions des travailleurs sociaux, l’évaluation des informations préoccupantes dites « IP ».

L’IP est définie comme étant une information : « pouvant laisser craindre que sa santé [de l’enfant], sa sécurité ou sa moralité sont en danger ou en risque de l’être ou que les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises ou en risque de l’être ».[2]

Depuis le 5 mars 2007[3], le législateur impose à toutes les personnes qui mettent en œuvre la politique de protection de l’enfance ou qui lui apportent leur concours de transmettre sans délai au président du conseil départemental toute information préoccupante sur un mineur en danger ou risquant de l’être.

L’IP ne peut être retenue que si elle interpelle le service de protection de l’enfance, c’est-à-dire lorsque la sécurité, la santé, la moralité, l’éducation ou le développement de l’enfant sont remises en causes.[4]

Au cours de ces dernières années, la violence et la gravité des attentats terroristes ont contraint le gouvernement à organiser dans l’urgence des mesures de sécurité́. Cette même période a vu émerger le concept de « radicalisation ». Le 23 février 2018, il a lancé un plan de prévention de la radicalisation nommé « Prévenir pour protéger », lequel cherche à identifier et prendre en charge les signes avant-coureurs de comportements violents. A l’instar de la CNCDH, le terme de « radicalisation » tels qu’il est utilisé par les pouvoir publics ne sera pas repris à notre compte car à ce jour aucune définition académique n’a été définitivement retenue. Cependant, nous utiliserons ce terme par soucis de praticité et de compréhension.

La détection de la radicalisation est déterminée à travers une approche par indice.[5] Ces indices aussi appelés « signaux forts », « signaux faibles » seraient susceptibles de prévenir le passage à l’acte violent d’un individu. Le mardi 8 octobre 2019, Christophe Castaner – ministre de l’Intérieur – a listé plusieurs signaux pouvant indiquer une radicalisation. Par exemple, une pratique exacerbée de la religion pendant le ramadan, une pratique régulière ou ostentatoire de la prière rituelle, le port de la barbe, l’hyperkératose font partie des signes censés permettre d’identifier une personne radicalisée. Cette prévention cherche à s’appliquer à l’ensemble de la société : le noyau familial n’en est pas exclu.

Ces signaux, qui ne font que décrire une pratique paisible de la religion musulmane, font office de référence et leur observation va justifier l’intervention d’un travailleur social.

Les travailleurs sociaux, dont l’enjeu principal est la protection de l’enfance, sont aujourd’hui associés à la détection des signaux faibles de radicalisation ainsi qu’à l’accompagnement des familles. L’évaluation de l’IP, qui est une des missions du travailleur social, se voit particulièrement affectée par le manque de conceptualisation et le manque de formation au phénomène de la radicalisation.

Une IP résulte ainsi d’une observation de ces « signaux » au sein des écoles, des hôpitaux et des associations qui encourent à la protection de l’enfance. Ici, il s’agira de se focaliser sur le milieu scolaire, naturellement en première ligne de la protection de l’enfance. L’IP est transmise à la Cellule départementale de Recueil, de traitement et d’évaluations des Informations Préoccupantes (CRIP).

Cette cellule est un dispositif compris dans le service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) qui analysera l’IP et statuera sur son bien-fondé ou non et, de son éventuelle poursuite. A ce stade, la CRIP dispose que d’éléments factuels décrivant la situation observée. La CRIP doit donc se demander si l’information proposée est préoccupante pour l’enfant au point de justifier une évaluation sociale de la famille.

Si l’information est jugée préoccupante, c’est-à-dire contraire à l’intérêt du mineur, elle sera transmise aux travailleurs sociaux pour une appréciation plus approfondie. En effet, il s’agira maintenant de rencontrer la famille et d’interroger, toutes les personnes participant à la socialisation éducative de l’enfant. Ces rencontres sont censées permettre de clarifier les éléments pertinents à la protection de la santé, de la sécurité, de la moralité, de l’éducation et du développement de l’enfant, comme l’état des finances du foyer, ou encore la qualité des relations entre les parents etc.

A travers cette première investigation, les travailleurs sociaux vont pouvoir statuer sur la situation sociale et éducative de la famille. Si la situation ne laisse apparaitre aucun danger ou risque de danger pour le mineur, elle sera classée sans suite. En revanche, si les travailleurs sociaux relèvent toute forme de carence éducative ou de danger, ils vont alors préconiser des dispositifs d’aides éducatifs dans un cadre intentionnel administratif ou judiciaire, en fonction du degré de dangerosité de la situation.

Ainsi l’analyse de la situation va déterminer si l’IP exige, au vu des éléments, un signalement sans délai au procureur de la République du fait de son extrême gravité. Il est donc important que cette évaluation soit menée par des professionnels ayant des compétences techniques dans le domaine social, éducatif et médical.

Le CCIF a été témoin de plusieurs procédures qui soulèvent de nombreuses interrogations. C’est dans cette démarche de compréhension de ce phénomène que le CCIF nous a mis en relation avec des personnes qui ont accepté de transmettre leur expérience, que nous exposons ci-après. Ainsi, nous avons mis en place des entretiens séparés, travailleur social et psychologue clinicienne, afin de recueillir leurs témoignages et de procéder à une analyse de discours par un croissement de nos observations.

Cet article tend alors à sensibiliser les acteurs de terrains et plus particulièrement les professionnels en contact avec la jeunesse à prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène, de s’interroger sur leurs pratiques professionnelles et enfin de réfléchir à des mesures afin de répondre à ce nouveau défi de l’action sociale.

Cas cliniques : les dérives constatées

Madame X nous explique que son fils Rayan âgé de 10 ans, a été signalé à deux reprises à la CRIP[6]  par son collège, car on aurait rapporté au proviseur que l’enfant souhaiterait être « candidat au jihad » :

 « La première a été envoyée par le proviseur puis l’inspection académique l’a envoyé à la protection de l’enfance, et la deuxième c’est exactement pareil. […] Les informations préoccupantes ont chaque fois été sans suite.»

Malgré des fondements factuels très insuffisants, le chef d’établissement ne cherchera en aucun cas à dialoguer avec l’enfant et ses parents, mais transmettra une information préoccupante avec une facilité déconcertante. La CRIP, se fondant sur un témoignage faible statuera de cette information comme étant préoccupante au regard de la protection de l’enfance et nécessitant une évaluation sociale approfondie de la situation familiale. Cette évaluation ne débouchera in fine que sur un classement sans suite cohérent.

             Madame B et son fils, ont dû eux aussi faire face à une information préoccupante, émise par le principal de l’établissement, dénonçant une éventuelle « radicalisation » de l’enfant. Le jeune garçon se revendiquait simplement « musulman ». L’information préoccupante atteindra le stade du signalement judiciaire. Une enquête sociale a été menée par des travailleurs sociaux dans un cadre judiciarisé. De même, un système d’expertise va alors s’organiser sur la demande du juge des enfants.

 « Mon fils avait dit qu’il était musulman, du coup le principal l’a signalé comme radicalisé. On a été convoqué à la MDR[7], et ils lui ont posé des questions du style : est-ce que tu écoutes de la musique chez toi, est ce que ta mère porte des robes ?… Ensuite, on est passé devant la juge ensuite elle a donné une mesure d’AEMO. »

A la suite de l’expertise de la famille, une mesure d’Aide Éducative en Milieu Ouvert (AEMO) a été préconisée par les travailleurs sociaux. Cette mesure est souvent actée par l’autorité judiciaire lorsque l’enfant encourt un danger grave et avéré. Cependant, cette IP, comme on pouvait se l’imaginer à la lecture des faits, s’est avérée en réalité infondée. En effet, le principal lui-même avouera avoir fait une « erreur » et qu’il avait « peut-être exagéré ».

« A cet entretien avec le principal, il a dit « j’ai peut-être exagéré ». Le principal admet qu’il a fait une erreur, la juge a quand même acté d’une mesure. Il tenait des propos pas cohérents, il a mis dans son rapport qu’il faisait la prière debout. »

Au vu des éléments recueillis, nous constatons qu’une investigation a été décidée sur la base d’une information qui ne serait pas indicative d’une situation de danger pour l’enfant et qui d’après l’émetteur du signalement fut « exagérée ». C’est pourquoi, nous pouvons soulever la question suivante : De quelle manière l’évaluation socio-éducative établie par les travailleurs sociaux aboutit à la conclusion d’orienter cette famille vers les autorités judiciaires ?

Au fur et à mesure de l’évaluation, quelques critères apparaissent pourtant :

« Quand je suis allée voir la MDR, quand j’ai été convoquée la première fois, j’ai demandé pourquoi j’étais là. Elle ne m’a pas dit clairement que c’est par rapport à la religion alors que toutes ses questions portent sur la religion. Elle me dit que mon fils ne se mélange pas trop. Donc du coup, elle va rester que sur ça. Il ne se mélange pas, donc il est radicalisé. Il ne parle pas avec les gens, donc il est radicalisé. Je lui dis pourquoi je suis là, parce que mon fils est radicalisé c’est ça ? Elle me dit non c’est parce qu’il est tout seul et il ne travaille pas bien à l’école. Donc parce qu’on ne travaille pas bien à l’école on vient devant le juge maintenant ? C’est ridicule, dites-moi clairement que c’est sur la religion. »

C’est bel et bien la pratique religieuse qui guide l’évaluation et permet de déterminer si un suivi socio-éducatif doit être mis en place. Plus précisément, ce sont les signes énumérés par le ministre de l’Intérieur qui sont repris dans le cadre du travail social. La difficulté pour les travailleurs sociaux de pouvoir se positionner sur ce qu’est réellement “la radicalisation” ne leur permet pas de tirer des conclusions objectives. Dans cette situation, son usage renvoie à un manque de socialisation chez l’enfant. Or, peut-on réellement repérer une personne en voie de radicalisation en se basant uniquement sur un manque socialisation et des difficultés scolaires ? Alerter les pouvoirs publics doit être un dernier recours pour les travailleurs sociaux, ils doivent avant tout mettre en place une expertise sociale et éducative sur l’isolement et le repli sur soi du mineur. Cette crainte de l’insécurité, cet accompagnement basé sur le soupçon du défaut de protection, conduisent alors à une vision gestionnaire de l’intervention sociale.[8]

Le sociologue Wajdi Limam, évoque dans son article, que la radicalisation lorsqu’elle est évoquée, produit chez les travailleurs sociaux de première ligne des répliques telles que «la radicalisation, c’est manière de ne pas nommer de quoi on parle», «la radicalisation c’est une belle formule, pour ne pas dire les choses».[9] Cette approche constamment indirecte et suspicieuse démontre les préjugés et la confusion de certains travailleurs sociaux face au phénomène de radicalisation. Cette dernière est concrètement appréciée comme une pratique commune de la religion musulmane.

Cette suspicion est telle qu’elle influence jusqu’au respect de la procédure juridique : c’est ainsi que les familles se verront refuser l’accès à leur dossier alors même que le droit applicable le leur permet[10]. En effet, cette absence de communication institutionnelle, incite les familles à réclamer leur droit de consulter leur dossier administratif.  Pourtant, elles se voient de plus en plus souvent opposer un refus, au motif que le dossier serait devenu « judiciaire », c’est-à-dire seulement consultable au tribunal dans les conditions de l’article 1187 Codes de procédure civile. “Quand je demande de consulter les écrits ils me disent qu’il faut que j’ai un avocat.” Disait Madame B durant notre entretien. Or, d’après la loi n°2002-2 du 2 janvier 2002, rénovant l’action sociale et médio sociale[11], les parents et même les enfants pris en charge par l’ASE, ont la liberté d’accéder aux documents administratifs et même d’en obtenir une copie.

Cette suspicion entraine de fait l’ignorance injustifiée des familles quant aux motifs établissant l’IP. Comme le précise Pierre Verdier spécialiste en droit de l’enfant, la règle devrait être la transparence administrative, tout citoyen ayant le droit d’avoir accès aux éléments le concernant détenus par l’administration.

Le manque d’information envers la famille entraine une rupture de la relation entre le travailleur social et l’usager alors même que le travail social se fonde cette relation. Il est en effet nécessaire de souligner que si le travailleur social est soumis au secret professionnel, celui-ci ne doit jamais être « opposable à l’usager concerné par l’information ».[12] En raison de ces pratiques qui vont à l’encontre des textes législatifs, des familles font appel à des avocats. A diverses reprises, les parents ont également souligné les difficultés rencontrées lors des procédures.

Le cas de Madame D, similaire aux autres situations, illustre parfaitement ce phénomène de signalement discriminatoire fondé sur l’appartenance religieuse. Son fils aîné a été signalé par son école car, “ il parlait de religion à l’école, il parlait de l’enfer et du paradis aux enfants”.

« Ils ont posé des questions sur notre éducation religieuse, en fait c’était flou. C’était “Qu’est-ce qu’on apprend à nos enfants ?” C’est trop vaste comme question. Ils nous ont parlé de l’enfer et le paradis. Ils nous ont dit « mais de toute façon l’enfer et le paradis ça n’existe pas, c’est une invention du Moyen âge ».   C’est l’assistante sociale qui a dit ça. Après moi j’ai dit « ah bah… Moi j’y crois ».  Après son collègue l’a repris en disant, on n’a pas à rentrer là-dedans quoi. Ensuite il leur a posé des questions sur la prière, le ramadan. Le temps a fait que mon fils, s’est senti obligé de dire « ah moi j’aime faire la prière. »

Parfois, les travailleurs sociaux en arrivent même à remettre en cause leur croyance religieuse et personnelle, pourtant expression d’une liberté fondamentale : « de toute façon l’enfer et le paradis ça n’existe pas, c’est une invention du Moyen âge. » Lors de cet entretien, Madame B et ses enfants font face à une professionnelle qui cherche à imposer son idéologie ( « idéologie dominante » ) remettant totalement en cause le principe de neutralité qu’elle doit exercer au regard du cadre déontologique, de sa fonction d’assistante de service social. En effet, l’un des principes fondamentaux du code de déontologie des assistants de service social porte sur le respect de la personne qui fonde en toutes circonstances son intervention professionnelle. Le professionnel doit mettre sa fonction à la disposition des personnes, quels que soient leur race, leur couleur, leur sexe, leur situation, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et quels que soient les sentiments que ces personnes lui inspirent.

L’éducateur spécialisé a pu rappeler à sa collègue l’objectif essentiel de l’intervention, c’est-à-dire la protection de l’enfance. Pourtant, malgré ce rappel nécessaire, les travailleurs ont préconisé la mise en place d’une mesure judiciaire.

« Moi et mon mari une fois, et à la maison une deuxième fois. Donc deux entretiens de même pas une heure. Dans le compte rendu remis à la juge, ils ont dit qu’on ne leur paraissait pas authentiques. Pour eux, on ne leur dit pas la vérité quoi. Au bout de deux entretiens, on n’était pas authentiques donc il fallait qu’on aille chez le juge. »

La mobilisation de plusieurs professionnels reste nécessaire dans les investigations et les expertises sociales, cela permet d’une part de ne pas biaiser la démarche et d’autre part de mobiliser plusieurs sources qui permettront d’émettre une conclusion construite sur des faits contextualisés, objectifs et factuels d’une situation familiale. Cette investigation doit s’effectuer sur une durée de trois mois.  Ainsi, durant l’évaluation socio-éducative Madame B et sa famille ont effectué deux entrevues avec les professionnels. Par ces deux rencontres les professionnels ont préconisé la mise en place d’une mesure judiciaire. La mobilisation des informations recueillies au travers ces deux entretiens, est-elle réellement suffisante pour permettre la mise en place d’une mesure ? Une appréciation extrêmement subjective, fondée sur une suspicion profonde et la peur de ne pas assez signaler, va entrainer la judiciarisation des IP. Madame B a donc souhaité être représentée par un avocat durant l’audience, face au juge des enfants.

« L’avocate a su relever les contradictions, ne serait-ce que dans le témoignage des enfants, c’étaient des trucs abracadabrants, c’était des trucs du genre mon fils ne mangeait pas le soir, et en compensation il avait mangé un croissant. C’était assez simple, l’avocate avait tous les éléments, elle a prouvé qu’il n’y avait rien dans le dossier, elle a juste relevé qu’il n’y avait rien pas de mise en danger. Il y a certes des difficultés, comme toutes les familles, mais ça ne justifiait pas qu’on rentre dans le système judiciaire. »

L’intervention de l’avocat a permis de mettre en lumière les incohérences entre l’analyse des professionnels et la situation réelle de la famille. La situation a alors été classée sans suite par le juge de l’enfant. Nombreux sont les signalements effectués non pas parce que les professionnels ont la conviction de faire une démarche visant l’intérêt supérieur de l’enfant, mais pour se protéger du reproche potentiel de ne pas avoir signalé.[13] Une analyse raisonnée doit-être alors engagée par les professionnels dans l’examen des écrits sur les personnes signalées.

Des IP abusives tributaires d’un concept mal défini

Selon le sociologue Daniel Verba, le praticien du social est exposé à de nouvelles politiques publiques, il doit savoir se positionner entre protection et lutte contre la radicalisation. Les travailleurs sociaux disent manquer d’outils face à cette « dérive sectaire » et jugent indispensable de mieux former les professionnels sur ces questions-là.[14] Evidemment, alerter les pouvoirs publics doit être un dernier recours pour les praticiens du social. En effet, ils doivent avant tout engager une expertise sociale et éducative, sur l’isolement, le repli sur soi, et la parentalité.

Cette crainte de l’insécurité ainsi que cet accompagnement basé sur le soupçon, tributaire de la nouvelle société de vigilance[15], transforment les travailleurs sociaux en « une police des familles ». L’intérêt de l’enfant et le droit des parents ne sont pas respectés. L’IP devient alors abusive, ne cherchant plus la protection de l’enfant, sa sécurité, sa santé ou encore son épanouissement. Cherchant à prévoir un phénomène mal compris et présenté comme très dangereux, elle devient un outil de surveillance et de protection de l’ordre public. La pratique religieuse est perçue comme l’antichambre d’une violence future, conduisant le travailleur social à signaler dans un but de préserver le bien commun. Ils s’avèrent la plupart du temps démunis et désorientés car ce travail de détection et de signalement dévoie leurs missions traditionnelles. En effet, le concept même de radicalisation n’étant pas défini scientifiquement, il s’avère difficile de poursuivre un but objectif en essayant de prévenir un phénomène vague et incertain.

Ces constats nous amènent à nous questionner sur l’émergence d’une potentielle crise des pratiques professionnelles dans le champ du travail social, partagée entre la mission de travailleur social et de « signaleur », comment le professionnel gère-t-il cette double casquette qui mettrait à mal le fonctionnement et la déontologie de sa profession ? La coéducation et l’accompagnement socio-éducatif de l’enfant doivent répondre avant tout à une logique de bienveillance et de protection contre tout danger. Néanmoins, la complexité de cette double injonction impacte considérablement les pratiques des professionnelles où faits religieux et radicalisation sont fortement confondus faisant émerger amalgames et stigmatisations que subissent de plein fouet des familles de confession musulmane. Les travailleurs sociaux disent manquer d’outils face à ces politiques et jugent indispensable de mieux former les professionnels sur ces questions-là.[16]

Malheureusement des familles restent fragilisées psychologiquement face à ces dérives institutionnelles. D’après les sociologues Marwan Mohamed et Abdelalli Hajjat, les discriminations ont des effets sur la santé de l’individu, elle « blesse les âmes, paralyse, (…) démolit, (…) et provoque des sentiments de honte et d’humiliation ».[17] Un accompagnement psychologique demeure donc nécessaire, afin de faire face à ces évènements douloureux.

Approche psychologique des signalements

Rappelons-le, le rôle des travailleurs sociaux dans le cadre de la prévention et de lutte contre la radicalisation est de soutenir les parents sans jugement, en prenant en compte l’environnement socio-culturel dans lequel ont vécu les familles. Rétablir un ordre familial lors de déséquilibre.

Trouver des solutions qui entraineraient un climat de bien-être à la fois dans la famille mais aussi à l’extérieur. 

Finalement, sur quels critères seraient basés cette prévention à la radicalisation ? Y aurait-il une norme/une base à la pratique de l’islam ? Quelle est la limite entre l’identité cultuelle d’une personne et l’atteinte physique/morale/psychique d’une autre personne ? Un travail de traduction des pratiques doit se faire, il est nécessaire et primordial dans cette perspective.

Le sens que chacun met derrière une appartenance culturelle et/ou cultuelle est à interroger.

Le fait de rester simplement sur des questions suivantes : « Ecoutes-tu de la musique ? » « Joues-tu à la playstation ? », « As-tu une petite copine ? », « Est-ce que ta mère porte des robes longues ? », « Est-ce que vous vous levez pour prier la nuit ? ».

Questions posées par l’équipe de travailleurs sociaux lors des entretiens avec les familles. 
Cela est réducteur et stigmatisant. Ces actes-là seraient-ils synonymes de radicalisation ?

Par ces entretiens directifs et orientés, l’individu s’enferme donc dans cette identité figée par une étiquette « le radicalisé » et peut entrainer des conséquences psychologiques par la suite : repli sur soi, anxiété généralisée, frein à la sociabilisation, problème identitaire, stress, mauvaise gestion des émotions, méfiance dans la construction de relations sociales, maux de ventre, insomnies, mutisme, angoisse, phobie scolaire, psychosomatisations.
Ces conséquences peuvent se retrouver à travers le rapport à la religion : extrêmisme religieux ou le fait de ne plus pratiquer sa religion ; à travers le lien mère-enfant : culpabilité de l’enfant vis-à-vis de la situation, surprotection de la mère envers sa famille ou encore une remise en question du rôle de la mère.

Les conséquences peuvent se retrouver également dans le couple parental. Ainsi, dans l’un des cas cliniques étudies, la situation a conduit à une procédure de divorce.

Mais aussi dans des conduites à risques chez les enfants : déscolarisation, délinquance, errance, vente de drogues, addictions, rupture du lien familial etc. Cette prévention à la radicalisation, qui partirait d’une bonne intention, pourrait aboutir à l’éclatement d’une structure familiale et à beaucoup de dégâts. Et c’est ce que nous soulignons ici par le biais de cet article. Les institutions seraient-elles dans une dynamique constructrice ou destructrice ? Qu’est-ce qu’un signalement ? Il est fait lorsqu’un enfant se retrouve en danger, il sert donc à protéger l’enfant dans son intégrité. Il permet de détecter une maltraitance silencieuse ou cachée dans la sphère privée. Il est donc essentiel de faire un travail de manière holistique sur et avec la famille. Est-ce que pratiquer sa religion serait un frein au bien-être ? 

Ces dernières années plusieurs signalements ont été abusifs, pas seulement en lien avec la prévention de la radicalisation, mais de manière générale. Ils aboutissent alors à l’éclatement de plusieurs familles

Qu’est-ce qui vient questionner la présence d’un danger et la préoccupation chez les professionnels des milieux éducatifs et sociaux pour émettre un signalement ou une information préoccupante ? Sur quelles émotions subjectives se focalisent-t-ils et pourquoi ? Il est nécessaire de s’y pencher pour repenser ces actes parfois abusifs et non-fondés. Ces derniers sont des marqueurs d’une pratique professionnelle, d’un individu, d’une pensée personnelle. 

Prenons l’exemple de ce directeur d’école qui a fait un signalement car il avait posé à un enfant la question suivante : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard dans la vie ? » Celui-ci a répondu « Je veux devenir un bon musulman et je voudrais aller à la Mecque. » Ce dernier avait de bons résultats à l’école et sans aucun problème de comportement. Toutefois, pour ce directeur, un signalement devait se faire pour risque de radicalisation.  Il ne s’agit pas seulement de faire un signalement pour le faire, il s’agit de le traduire dans la pensée de chaque professionnel en rapport étroit avec les enfants. Il y a ce que l’on appelle les supervisions, les groupes d’analyse de la pratique, ou encore les réunions d’équipe lorsqu’elles sont fructueuses ; qui permettent de repenser sa pratique professionnelle individuelle et d’avoir d’autres regards vis-à-vis d’une situation.

Souvent, nous sommes confrontés à une population interculturelle et il faut trouver l’entre-deux qui permet d’échanger avec des identités plurielles. Échanger de manière à ne pas stigmatiser mais plutôt de manière à réduire l’écart culturel pour le vivre-ensemble. Dans le cas précédent, pourquoi ne pas réinterroger l’enfant en lui disant par exemple : « Oui, c’est ce que tu veux devenir plus tard d’un point de vue personnel et spirituel. Mais qu’en est-il d’un point de vue professionnel ? ». Cette réponse permettrait d’étayer les propos du jeune enfant et d’en savoir plus sur lui. 

Par ailleurs, à travers les médias, sources souvent de fantasmes et d’amalgames concernant la religion musulmane : l’image véhiculée des musulmans est biaisée. S’en suivent alors, par peur de l’inconnu, des représentations « d’envahisseurs musulmans » qui voudraient faire imposer leur religiosité en France. Le quotidien ou la peur de l’Autre empêche donc le dialogue interculturel. Faire l’effort d’aller à la rencontre, d’échanger, de partager, de traduire ; nous permettrait de ne plus rentrer dans ces schémas d’islamophobie et de stigmatisations incessantes. 

Nous avons découvert dans nos entretiens, qu’il y avait aussi dans les dossiers des familles des informations rédigées par l’équipe de travailleurs sociaux qui interpellent comme : « Il y avait un placard fermé avec choses bizarres à l’intérieur. »

Lors des visites, il est important de déconstruire la réalité subjective de certains travailleurs sociaux à travers le dialogue, cela permettrait de rétablir un équilibre dans les pensées. 

Parlons maintenant de ces schémas d’islamophobie et de racisme qui entrainent du côté des musulmans plusieurs mécanismes de défense : la méfiance ou le fait de ne pas être en accord avec son identité interculturelle (religieuse mais aussi culturelle), Tout cela induit parfois chez les professionnels une suspicion erronée qui mène à des signalements et des informations préoccupantes.

Parallèlement, des mécanismes de défense sont souvent remarqués chez les parents immigrés. Leurs enfants nés en France, détectent ce malaise véhiculé de générations en générations dans la transmission familiale et entrainent chez eux un sentiment de haine, des paroles qui dépassent leur pensée, une revendication identitaire, une révolte, une culpabilité etc. Ils veulent parfois parler en leur nom et être ce que les parents ne peuvent pas être car l’histoire familiale est évoquée, la transmission religieuse est faite mais il y a parfois des incohérences lorsqu’ils voient le malaise des parents.

Léon Festinger en 1957 développe la théorie de la dissonance cognitive en expliquant que certaines situations emmènent une personne à agir en désaccord avec ces croyances. Nous remarquons alors un écart entre ce que la personne est et ce qu’elle doit être pour rentrer dans le moule.

Les migrations ont toujours existé depuis la nuit des temps. L’anthropologue Kalervo Oberg en 1954 parle des 4 étapes du choc culturel :

  • la lune de miel où tout est idéalisé dans le pays d’accueil
  • la crise où nous voyons que les codes culturels du pays d’accueil sont trop différents du pays d’origine, il s’agit d’une désillusion,
  • l’ajustement en essayant de comprendre les différences de chacun et en trouvant un juste milieu, et
  • l’aisance bi-culturelle dans laquelle nous arrivons à composer avec les cultures différentes et où nous arrivons à créer une identité interculturelle.

Ce cheminement est long, il est semé d’attaques, de fuites, de stratégies identitaires, de repli sur soi, de mimétisme, du manque du pays d’origine… Il est important de voir tout cet aspect dynamique dans les processus psychologiques qui nous permettent d’agir et d’avoir conscience du climat ambiant.

De plus, en France, nous pouvons remarquer que les politiques ont deux modèles pour traiter la différence culturelle : l’assimilationnisme et le multiculturalisme. Et, les pratiques professionnelles sont construites par le monde actuel et les idéologies du moment.

Dans cet article, nous parlons de la culture au sens large du terme c’est-à-dire qui englobe à la fois, les origines, les croyances, les cultures professionnelles, les représentations, les normes, les lois, les valeurs, les cultures générationnelles etc. Le premier modèle présente une vision d’une assignation identitaire, cette vision de culturalisme (peuple développé VS peuple soumis), il s’agit de l’absorption d’un groupe culturel par un autre : rejet de l’autre culture, adaptation. Le deuxième modèle, celui du multiculturalisme est souvent associé au communautarisme, chacun vit de son côté sa différence culturelle : étiquettage ethnique, affirmation d’une identité culturelle différente de l’Autre. 

Par des vestiges de la colonisation enracinée dans les mœurs ; ces parents immigrés utilisent des mécanismes de défense pour user de stratégies identitaires et surtout dans des structures qui s’affilient à l’état en l’occurrence ici l’éducation nationale et l’ASE. 

Nous faisons le lien ici avec le terme de laïcité qui fait débat, mais aussi avec la liberté de culte. Difficile alors pour l’enfant de se construire dans un environnement qui doit être structurant et bienveillant mais qui à l’intérieur duquel se trouvent des individus qui ne le sont pas. Un sentiment de mise à l’écart, une impression constante d’être pointé du doigt ne permet pas l’épanouissement personnel d’un enfant. Cet épanouissement personnel qui s’établit sous différentes formes : scolaire, familial, spirituel, sportif, social etc. Cet enfant qui passe plus de temps dans l’établissement scolaire qu’à la maison, ses années scolaires qui sont pour lui les plus importantes pour sa construction individuelle à travers l’apprentissage, la gestion des émotions, la sociabilisation, le dépassement de soi etc.

« La société ne voit pas l’enfant, elle ne voit que le musulman. » Dit une maman qui nous a transmis son témoignage.

Conclusion

Cet article vise à la fois l’éducation nationale, l’ASE, le CCIF, les parents d’élèves, les élèves et les familles musulmanes. Nous devons créer un espace interculturel où chaque norme/valeur/loi est repensée dans ces différentes sphères. Nous ne pouvons pas les penser de manière séparée. Pour le vivre-ensemble nous nous devons de les penser de manière à créer un espace où chacun peut se sentir existé.

Patrick Denoux développe le concept d’interculturation qui permet une co-construction : Culture A + Culture B = Création d’une Culture C (tierce) qui permet à travers le dialogue de ne pas oublier qui nous sommes, tout en trouvant un juste milieu, une nouvelle identité crée ensemble qui permet l’interculturalité. 

Prenons conscience de l’impact de nos mots, de nos actes. Ceux-ci sont des marqueurs de maux, d’un mal-être interne que chacun de nous doit considérer dans sa perception individuelle en prenant en compte l’altérité. Chacun de nous a une responsabilité vis-à-vis de notre société, chacun de nous est responsable de ce qui arrive actuellement. Instaurons entre nous le dialogue interculturel, la verbalisation de nos émotions, de nos peurs, de nos craintes, de nos histoires personnelles. Extériorisons tout cela, et faisons quelque chose de productif, de structurant et d’épanouissant. 

Ici, ne nous arrêtons pas à une barbe, une robe longue, une prière, des paroles, de l’écoute de la musique ou non, une appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane pour définir si une personne mérite un signalement ou une information préoccupante.

Allons plus loin dans la rencontre avec l’Autre, essayons de comprendre ce que les choses représentent pour chacun de manière singulière et pas généralisée.

Bibliographie 

Clariana, L. (2017). Le risque de danger à l’épreuve de la « question musulmane ». Le sociographe, 58(2), 25-36.

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[1] Définition du travail social adopté par le ministère des Solidarités et de la Santé le 23 février 2017

[2] Art. R.226-2-2 du Code de l’action sociale et des familles

[3] Loi n° 2007-293 du 5 mars 2007

[4] Article L.221-1, 5 du Code de l’action sociale et des familles

[5] Avis sur la prévention de la radicalisation – CNCDH, 2017

[6] Cellule départementale de recueil, de traitement et d’évaluations des informations préoccupantes

[7] Maison Départementale du Rhône : centre médico-social

[8] Hardy, G., Darnaud, T. & Entras, P. (2009). Travailler les compétences à l’aune du signalement et de l’information préoccupante: « La vie est une maladie sexuellement transmissible très dangereuse ! Il est urgent de signaler les géniteurs ! ». Journal du droit des jeunes, 284(4), 15-19. doi:10.3917/jdj.284.0015.

[9] Limam, W. (2018). Intervenants sociaux et radicalisation: Entre implicites publics et expérience sensible. VST – Vie sociale et traitements, 138(2), 86-92. doi:10.3917/vst.138.0086.

[10] Article 1187 du Code de procédure civile

[11] Loi n 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale (J.O. 03/01/02) garantissant notamment l’accès à toute information ou document relatif à la prise en charge d’une personne par des établissements et services sociaux et médico-sociaux

[12] Verdier, P. & Dourgnon, L. (2009). L’accès aux dossiers en protection de l’enfance. Journal du droit des jeunes, 288(8), 34-38. doi:10.3917/jdj.288.0034.

[13] Hardy, G., Darnaud, T. & Entras, P. (2009). Travailler les compétences à l’aune du signalement et de l’information préoccupante: « La vie est une maladie sexuellement transmissible très dangereuse ! Il est urgent de signaler les géniteurs ! ». Journal du droit des jeunes, 284(4), 15-19. doi:10.3917/jdj.284.0015.

[14] Verba, D. & Guélamine, F. (2014). Interventions sociales et faits religieux: Les paradoxes des logiques identitaires. Rennes, France: Presses de l’EHESP.

[15] Emmanuel Macron, discours du 7 octobre 2019.

[16] Verba, D. & Guélamine, F. (2014). Interventions sociales et faits religieux: Les paradoxes des logiques identitaires. Rennes, France: Presses de l’EHESP.

[17] Hajjat, A. & Mohammed, M. (2016). L’islamophobie comme épreuve sociale. Dans : , A. Hajjat & M. Mohammed (Dir), Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman »  Paris: La Découverte, page 205

% commentaires (18)

Lol le ccif qui voudrait donner des leçons de non radicalisme ! Lui qui est rejeter par la quasi totalité de la population (même musulmane) et qui représente l’idéologie des frères musulmans ! Mdr ptdr …. quand ont sait que Daesh est Le Bras armer de l’islam politique et que les frères musulmans (ccif en partie) en sont le pendant Politique, cela. En devient presque drôle ! Mais Jésus Marie Josèphe, que font nos politiques en Europe… qu’est ce qu’ils attendent pour expulser les membres de cette idéologie mortifère vers leurs pays d’origine ! Ils seraient bien plus utile chez eux pour imposer leur idéologie à leurs frères et sœurs.. ah oui, leurs pays d,origine ne veulent plus d’eux non plus lol mdr… PS : je n’ai même pas lu l’article… au plus c’est long, au plus cela pue la manipulation et la propagande ! Le titre m’a largement suffit lol mdr…

Vous êtes fatigant Samy. Etes vous payés à la ligne par le RN?

Le patriotisme chez les partisans du RN c’est du bénévolat momo (pardon Philippe)

Article intéressant, mais trop long pour des non-professionnels. Un résumé, avec une référence à l’article complet serait plus effectif.

Trop long pour des non-professionnels l’article ? De quelle pros parlez vous ? Des pros du djihâd ? Des frères musulmans ? Je vous l’accorde pour ces gens affiliés a cette idéologie mortifère c’est bien trop long ! D’habitude, une petite video violente et bien sanglante est plus appropriée à ce type de public !

@Samy, vous me faite penser à un roquet (dont j’ai trouvé cette définition: ‘petit chien hargneux qui aboie pour un rien’).

Un chien qui aboie ne mort pas…. un musulmans extrémiste ou affilié aux frères musulmans et à toutes ces idéologie mortifère religieuse à le goût du sang en lui par nature, il ne mort pas non plus aux dernières nouvelles (mais, il a une certaine propention a utiliser des armes et autres explosifs pour détruire tous ce qui n’appartient pas à son idéologie) ! À choisir, je préfère être un chien nationaliste patriote qui aboie ! Voyez les chretiens d’orient et plus largement des pays musulmans…. voyez nos frères, sœurs et enfants du bataclan ! Comme je vous l’ai déjà dit, je regarde le monde dans laquelle je vie avec les yeux grand ouvert ! Pour votre information, je suis issu d’une famille musulmane que j’ai reniée dans son intégrité… C’est dire que ja sais de quoi je parle… et pour être encore plus précis avec vous, erdogan est le président de ce qui représente une partie de mon sang et de ma chère (qui me dégoûte) quand je voie l’attitude de ceux qui devraient être même semblable, je me dit ! Vive la France… vive l’Europe… ! Ne vous en déplaise comme je vous l’ai déjà dit, de noubreux citoyens mémé d’origine musulmane vous vomissent ! Et vous n’arriverez jamais à vos fins en Europe !

Et vous n’arriverez jamais à vos fins en Europe …Ca , c’est a peu pres sur mais la n’est pas le probleme Samy , ce qui est beaucoup plus inquietant c’est le pouvoir de nuisance et la pression qu’exerce l’islam sur les sociétés européennes sous couvert de respect identitaire avec la complicite au pire ou la bienveillance au mieux d’idiots utiles qui au nom de la democratie autorise le communautarisme comme le fait eric Piolle et sa bande de pulls en bois à Grenoble avec le succés que l’on sait dans les « zones de non droit  » de sa ville , et Grenoble y en a des tas partout en Europe …

Respect des droits de l’Homme. C’est seulement cela qui est demandé par ceux que vous appelez ‘idiots utiles’. Ce respect doit s’appliquer à tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions, leur culture, etc. . Si vous ne croyez pas aux droits de l’Homme, c’est vous qui dénaturez la France.

Philippe avec des chiens, il faut être des hyènes ! Les droits de l’homme ne s’accorde pas à des animaux qui souhaitent la mort de ce qui n’appartient pas à leur idéologie ! C’est si.ple à comprendre non… si les Français et plus largement les chretiens ne s’en rendent pas compte en Europe, ils finiront sans tête ou jeter du haut d’un toit d’immeuble (pour les gays, lesbiennes et autre transgenre) c’est une réalité que vous pouvez sources aux quatre coins du monde !

Vous avez raison ! Ils ont un sacré pouvoir de nuisance (envers les petits merdeux, les gens sans cervelet, les ingrats régularisés à tours de Bras qui bouffent grâce aux allocations, les délinquants juste bon à Ca ) etc.. etc… mais surtout grâce à certaines pourritures Français de souche qui les soutiennent et qui n’ont pas compris qu’ils seront les premiers à être égorgés ! Je pense aux LGBT qui vivent dans leur monde teletubise (je ne suis pas homophobe du tout, je respecte tout le monde, mais je ne comprend pas ces gens que je pensse suicidaire ! Mais je vous rassure, cette idéologie n’arrivera jamais à ces fins ! Il y a trop de musulmans qui se lèveront contre cette saloperie ! Croyez moi… nous sommes nombreux à être fils d’immigrés et à aimer la France, sa culture, son identité et se qu’elle est ! Il y a encore beaucoup de gens reconnaissant envers la France ! Les ingrats sont minauritaire, mais ils font leur lit et il faut les stopper au plus vite…

le respect des droits de l’homme s’appliquent à ceux qui les respectent ….  » pas de liberté pour les ennemis de la liberté  » … et c’est bien parceque je crois aux droits de l’homme que j’observe navré ce qu’est devenu ce pays , denaturé par les idiots utiles qui ont laissé proliferer les zones de non droits qui refusent la loi commune …

Nous sommes d’accord: On ne doit pas accepter les ‘zones de non droit’. Mais mon impression est que ce but n’est pas suffisant pour vous et que vous voudriez imposer vote mode de vie (ce qui n’est bien sur pas consistent avec les droits de l’Homme).

Imposer un mode de vie ? Merde alors c’est le monde à l’envers… les Français sont chez eux non ? Et la France n’est pas de culture musulmane (c’est aux musulmans de s’assimiler à leur pays d’accueil, et pas le contraire) ! Je vous renvoie au discour de Abdel naser ! Les frères musulmans lui demandais d’imposer le voile à toutes les femmes du pays ! Résultat après l’évolution des frères musulmans dans ces pays (des guerres à tout va pour imposer l’islam politique et la Sharia) PS : je ne veut pas Ca pour la France !

@Samy, malgré tout vos efforts, la France ne sera jamais à la hauteur de l’Allemagne d’avant guerre dans le domaine du nationalisme et de la supériorité raciale/culturelle. Les droits de l’Homme font partie de la Constitution, et ce sont ces droits qui conduisent à la diversité.

Philippe vous vous cacher derrière les droits de l’homme pour imposer votre saloperie d’idéologie ! vous confondez une Allemagne nazi qui voulait imposer son idéologie au monde (un peut comme votre confrérie) et une France chrétienne qui a accueillit généreusement dès centaines de milliers de musulmans, qui ne souhaitent pas s’intègrer à ceux qui leurs permettent de bouffer ! Ce que vous faites, s’appelle l’inversion des rôles ! D’ailleurs la religion préfère d’hittler était l’islam lol mdr ! Pire encore, vous confondez des nazi criminels qui vous ressembles avec un peuple français qui subit la délinquance cotidienne (même en période de pandémie), des attentats à répétition j’en passe et des meilleurs ! À ce que je sache, les gaulois n’ont pas attaquer le bataclan ! Le curé égorgé (tient comme dans vos pays puants où les chretiens sont persécuté) ce n’est pas les français ! Je continue ? Le trafic dans les cites désertés par les Français’, c’est rarement des gaulois ! Les crimes crapuleux sur la communauté juive de France, ce n’est pas les Français de souche ! Philippe, les Français n’ont aucun sentiment de supériorité raciale, ce n’est que dans vos petites têtes de mahometiens tout cela (les chinois, boudhistes et biens d’autres communautés) ne connaissent pas de problèmes en France ou très peut ! Et pour terminer, je vous dirait que ce n’est pas de la France qu’il s’agit lol mdr… mais bien de tout les pays du monde où les musulmans s’installent ! Les USA ont interdit l’entrée à votre communauté, la Chine les met en camp de rééducation, les moines boudhistes les ont chasser dans le sang et la violence etc.. etc… etc… la liste et longue ! Quand aux Nazis, les vrais les méchants (votre communauté) est parvenue à les remettre au pouvoir (justement) en allemagne et en Autriche ! Bref ce n’est pas de la France qu’il faut parler mais d’une Europe unie sur ce dossier (c’est bien le seul) lol mdr… avec des gens comme vous il ne faut pas avoir de pitié c’est pour ça que nous ne voyons pas de musulmans au Mexique, en Colombie etc… là-bas, c’est une balle dans la tête et oups dans un trou au milieu du désert ! Sacré momo va !

Non …la diversité ne se definit pas aux principes des droits de l’homme , il en est de meme du plaisir , si mon plaisir est d’infliger la souffrance à l’ autre le droit à la diversité ne releve pas des droits de l’homme , si ma revendication à la diversité inclue la transgression de principes universels elle ne saurait se revendiquer des droits de l’homme , poussant le raisonnement à sa limite le Dr Mengele pouvait revendiquer sa diversité au motif que sa singularité devait etre reconnu comme un droit que les droits de l’homme lui accorde .

Et c’est là que nous ne seront jamais d’accord , je ne conçois pas la France comme une juxtaposition de communautés faisant chacun son petit tripot dans son coin , parler français n’etant au fond meme pas necessaire , l’essentiel etant que si je suis Gay je vis entre gay , si je suis Tamoul je vis entre tamouls et Musulman entre musulmans …. du moment que les droits de chaque communauté soit respecté au nom des droits de l’homme … c’est exactement l’inverse de ce qui fonde la Republique relevant des idéaux de la revolution française cette notion que la republique est un tout et que le peuple qui conscent a la republique vit selon les valeurs de la republique qu’il s’est donné , il ne sagit donc pas d’imposer un mode de vie mais de consentir a un mode de vie .

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