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Judith Waintraub relaxée après avoir accusé le CCIF de vouloir islamiser la France

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Alors que nous estimions que, dans un contexte médiatique très tendu sur les questions d’islam, qualifier le CCIF « d’officine salafiste » et d’ « instrument de propagande au service d’un projet d’islamisation de la France » était diffamatoire, nous avons été déboutés de notre demande en première instance et en appel. Nous n’irons pas en cassation. Voici pourquoi.

Les mots sont importants

Quand on dit tout et n’importe quoi, que dit-on véritablement ? Visiblement rien, sinon profiter du jeu que permet la liberté d’expression pour déverser sa haine et contribuer à la caricature médiatique de ses adversaires. C’est le jeu de bien des journalistes, qui ont l’art de prétendre qu’ils n’ont « plus le droit de rien dire » sur les plateaux mêmes où ils sont régulièrement invités, pour dire précisément, dans une posture victimaire, ce qu’ils prétendent ne plus pouvoir dire.

Qualifier le CCIF d’« officine salafiste » qui veut islamiser la France a un but malheureux pour Judith Waintraub : discréditer notre travail, alors que les instances sérieuses qui étudient le phénomène de haine antimusulmans nous consultent sur nos chiffres et s’intéressent à nos préconisations. La liberté d’expression lui permet ainsi de manipuler les termes qui, dans l’espace médiatique, ont une définition différente de leur acception juridique et scientifique.

Salafisme ?

Dès lors, utiliser des mots dont la définition est très floue permet à Waintraub de dire que nous sommes salafistes en axant sa défense sur le fait que le salafisme n’est pas « moralement répréhensible ». Sauf que tout le monde a compris ce qu’elle entend par « salafisme », et cela n’a rien à voir, dans son esprit, avec un courant religieux qui prône le retour aux sources (comme il a été rappelé dans le délibéré), mais relève plutôt d’une accusation d’intégrisme, dans un contexte (2015) où le climat est très délicat sur ce sujet.

Extrait du délibéré

Les décisions qui mettent en jeu la définition du terme « salafisme » devront un jour faire jurisprudence, car la définition retenue par les magistrats entre par exemple en contradiction avec celle qui a été retenue lors du procès de Georges Bensoussan, où le salafisme a pu être défini comme une « régression des valeurs démocratiques ». C’est cette définition qu’a en tête Judith Waintraub. Lorsqu’elle revient sur sa définition pour s’en sortir lors de l’audience, elle ne fait pas preuve de liberté d’expression, mais de lâcheté.

La liberté d’expression aujourd’hui, dans le cas des questions liées aux musulmans, a besoin d’un travail de définition des mots et d’un lexique sérieux. Que signifient : « islam politique », « islamisme », « proche des frères musulmans », « salafisme », « islamisation », etc. Tant que les définitions seront fantasmées dans les médias, nous serons toujours confrontés aux mêmes débats sur la liberté d’expression, où les prévenus se défendront en retournant aux définitions scientifiques et en se prétendant n’avoir pas songé aux définitions médiatiques dangereuses. Tant que ces mots ne seront pas sérieusement définis, chaque magistrat pourra apporter sa propre définition, puis relaxera ou condamnera en fonction de l’opinion qu’il a de ces débats.

Évidemment, le CCIF n’étant pas une association religieuse, peu importe qu’on le qualifie de salafiste, de soufi, de sunnite ou de chiite. Mais alors qu’on a construit, dans le débat médiatique, le mot salafiste comme un instrument de sécession — et que c’est ainsi que peuvent le lire un certain nombre de personnes —, cela relève d’un enjeu diffamatoire bien plus grand.

Oui au débat d’idées

Le CCIF n’est pas contre le débat d’idées, et lorsque Judith Waintraub avait commis un papier abject prétendant qu’il existe une « islamosphère », nous avions participé à ce débat pour en dénoncer le mécanisme qui est clairement similaire — on ne le répètera jamais assez, quoi qu’en pensent ceux qui veulent interdire cette comparaison — aux journaux antisémites du début du 20ème siècle.

Pour reprendre une formulation équivalente à celle de Waintraub, si vous ne voyez pas que le Figaro est un instrument de propagande au service du racisme, « on abandonne ». Car il existe des terroristes comme celui de Bayonne, de Christchurch, d’Oslo ou de Québec qui s’abreuvent des thèses d’extrême droite, de celles de Renaud Camus et d’Alain Finkielkraut. Waintraub et le Figaro Magazine ont servi à ce genre de meurtriers une affiche avec des cibles ; dans le meilleur des cas pour qu’ils jouent aux fléchettes, et au pire pour qu’ils se persuadent que les musulmans sont à l’origine d’un complot tellement puissant et insidieux qu’il a atteint les sphères les plus fondamentales de la société, comme par exemple l’Observatoire de la Laïcité, et les médias d’investigation les plus pertinents, comme Mediapart. C’est sans surprises qu’on lira dans le vocabulaire de Waintraub des expressions du type « islamogauchisme » ou « islamocollabo »…

À lire : Peut-on comparer musulmans et juifs ?, pour comprendre les enjeux d’une telle rhétorique de la dissimulation insidieuse.

Au fond, Waintraub montre la détestation qu’elle a de la loi : notamment en prétendant que Jean-Louis Bianco, qui est une référence en matière de laïcité dans notre pays, se serait plié à des exigences « communautaires » quand celui-ci ne fait que rappeler la loi de 1905 : une loi de liberté, qui dérange de plus en plus ceux qui ne supportent pas que le CCIF la respecte.

Au fond, le CCIF veut-il islamiser la France ?

Ce procès aura eu simplement pour effet, non pas de rappeler la liberté d’expression (nous ne l’avons jamais combattue), mais de rappeler que le fait de vouloir « islamiser la France », selon la Cour, « n’insinue aucun comportement moralement condamnable ou infraction pénale ». Waintraub aura joué sur le fil du rasoir, et aura contribué à rendre encore plus flou le travail de notre association. C’est sa seule victoire, dans laquelle elle a dû pourtant concéder que le prosélytisme musulman, comme tout prosélytisme, est une pratique tout à fait légale :

Extrait du délibéré

A-t-elle pourtant prouvé que le prosélytisme est l’objectif du CCIF ? Justement non, et c’est très précisément parce qu’elle a été incapable de nommer des faits précis que la Cour a considéré qu’il n’y a pas eu diffamation :

Extrait du délibéré

C’est donc l’imprécision de Judith Waintraub qui l’a relaxée. Dans la mesure où ses propos n’ont pas été considérés comme diffamatoires car ils n’étaient « pas suffisamment précis », cette relaxe prouve une seule chose : que la liberté d’expression, brandie comme une victoire pour Waintraub, lui permet surtout à elle et ses collègues — et c’est la loi — de dire n’importe quoi.

% commentaires (11)

Bravo …

Enfin une victoire de la France , de la vraie France …

il est vrai que Judith Waintraub sonne vrai France MDR…….

En se basant sur le sens des mots, on peut comprendre les deux arguments (ceux du CCIF et ceux de la réponse). Mais il est clair que l’intention de Judith Waintraub était de discréditer le CCIF et que sa motivation, comme la votre, est de diffuser son intolérance et sa haine des musulmans. Le fait que cela arrive couramment est un sujet de honte, plutôt que de fierté, pour la France.

@Gourio, si vous êtes d’accord avec Judith Waintraub, que pensez vous qu’elle veut dire quand elle qualifie le CCIF d »officine salafiste’? (en donnant des illustrations précises, si possible)

L’utilisation de mots-valise permet de se passer d’arguments,seuls les slogans ,l’anathème ,la désinformation,les amalgames,les omissions sont à leur portée pour non pas échanger en toute connaissance ,mais pour déverser leur fiel.Leur ignorance abyssale pourrait prêter à sourire ,si des passage à l’acte n’avaient pas lieu.
Leur nervosité souligne une crainte ,celle de voir se développer une religion nonobstant leur logorrhée ( mettons nous deux secondes à leur place).
Les chiots jappent,la caravane passe.

Une decision de justice est souveraine , que cela vous plaise ou non , ce site qui glorifie la justice française lorqu’elle lui donne raison , gagnerait en grandeur ainsi que ses thuriféraires a en accepter les conclusions lorsqu’elles lui sont contraire … preuve s’il en était besoin du caractere « militant  » du CCIF

Judith Waintraub sonne vrai France , mon daron , comme alfred Dreyfus , leon Blum , simone Weil , simone Veil ….

Il est évident que les fonctionnaires de justice, stipendiés par leur ministère de tutelle ( qui paie décide ?), rendent LA justice :
« Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
La Fontaine
Il faut effectivement être sacrément militant pour pourfendre les iniquités et inégalités.
Zemmour ( notre « maurrassien » préféré) ,Finkielkraut qui dit à propos de la France : »Ce pays mérite notre haine: ce qu’il a fait à mes parents… »et bien d’autres encore ,connus ou inconnus déportés et/ou disparus, du fait d’une collaboration active d’une France qui croyait au III éme Reich…
To be continued……

La France qui croyait au driete reich …

il fallait avoir les yeux pleins de merde pour y croire encore apres 1943 , pour autant ,combien et si nombreux y ont cru avant , les préfets portant serment à la personne de Pétain , l’adhesion versatile de l’ensemble du peuple français et des ses deputés , il fallait etre dingue pour refuser l’evidence , De Gaulle l’a fait , considerant que rien n’est acquis

Notre pays ne merite pas la haine de Finky , ce qui Mitterand à clairemment etabli,

Quand à Zemmour … Mauras était certes un nationaliste terminal , antisemite forcené …

Zemmour est un patriote , juif .. de la à ce qu’il devienne pour vous plaire , anti semite , mon daron , l’exercice risque d’etre complexe , m’enfin ce que la volonté d’Allah veut !

Les autorités y croyaient dur comme (croix de ) fer avec l’affrètement de convois jusqu’au 31 Juillet 1944 (convoi n°77 pour Auschwitz-Birkenau).
Zemmour n’est qu’un national sioniste ,pseudo nationaliste ( en fait un marrane ) qui envoie tout de même sa fille dans des camps communautaires juif pour ado aux USA et non chez les scouts à St Nicolas du chardonnet !!!
Mr Z…. est un sémite tout comme les arabes d’ailleurs,pas comme Mr Fink…. descendant de Khazars.
Nous nous éloignons du sujet qui est le fantasme de l’islamisation ,cette inversion accusatoire ,alors que le monde s’occidentalise ( « en prenant » ses vices pour paraphraser Alphonse Daudet ).

Bien joué .. enfoncer le clou entre les juifs bien et les sous juifs çà en dit long .. çà sent son Darquier à plein nez çà mon Daron .. quand au sionisme …vive le sionisme ne serait ce que pour resister et vaincre la soi disant cause palestienienne , du soit disant peuple palestinien .. un certain roi jordanien leur a clairemment expliqué

Pourquoi parler de l’argent des juifs Gourio : je te cite « les sous juifs » cela sent du Alphonse Toussenel .Quand au peuple juif ,il fut inventé dixit Shlomo Sand.
Revenons donc au sujet du texte initial qui est l’idée fantasmée d’une hypothétique islamisation de la France …..

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