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Mohammed Alashram : « Aujourd’hui j’entame une grève de la faim »

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Depuis plusieurs années, le CCIF suit le cas de M. Mohammed Alashram, docteur en pharmacie et réfugié politique palestinien (depuis 2008). Sollicité par une mosquée à Strasbourg pour sa maîtrise de la langue arabe, il a effectué un certain nombre d’activités bénévoles et de sermons pour lesquels il est accusé, sans preuves, d’avoir tenu des propos anti-Occident et anti-Israël. Depuis plus de 4 ans, il est assigné à résidence, et décide aujourd’hui d’entamer une grève de la faim afin de faire entendre sa voix.

Historique

En 2009, Mohammed Alashram est approché par les services de renseignement qui lui demandent de devenir un informateur, chose qu’il refuse et qui va provoquer un acharnement contre lui, considérablement amplifié après les attentats de janvier 2015. En mai 2015, il est effectivement assigné à résidence, éloigné de son entourage et contraint de vivre avec très peu de moyens.

En 2016, les adhérents du CCIF ont été nombreux à le soutenir, alors qu’il était isolé près de Limoges, assigné à résidence dans une chambre d’hôtel, avec pour obligation de pointer quatre fois par jour au commissariat. 

Grève de la faim

Après plusieurs recours judiciaires, le cas de M. Alashram n’a malheureusement pas évolué, et il est toujours contraint de vivre seul alors que son seul souhait est de pouvoir rentrer à Strasbourg auprès de ses amis.

Depuis août 2017, sa situation a un peu évolué et le nombre excessif de pointages — quatre par jour — a été réduit à un pointage par jour. Mohammed Alashram fait malgré tout l’objet d’un acharnement très inquiétant du point de vue du respect des droits de l’homme. Depuis plusieurs années, il paie le prix de l’intégrité et de la dignité qu’il a recherchées en refusant d’être un instrument de délation. 

> Signez la pétition pour la libération de Mohammed Alashram

Ce lundi 18 novembre 2019, dans une lettre qu’il a adressée au Préfet, Mohammed Alashram a annoncé qu’il entamait une grève de la faim afin de faire entendre sa cause :

« Les règles les plus fondamentales en matière de droit de l’homme ont été bafouées (…) Ils m’ont coupé le minimum pour vivre (soit le RSA) et parallèlement, ils ont suspendu ma carte vitale. Je ne peux même pas me soigner où même aller chez un dentiste. Je n’ai aucun revenu si ce n’est les aides modestes envoyées par les amis de Strasbourg. Est-ce cela la France ? Pays de la justice et des libertés ? Je vis dans une prison à ciel ouvert. »

Que lui reproche-t-on ?

Le dossier juridique de M. Alashram montre qu’il a fait l’objet d’aucune condamnation. L’enquête de police menée en avril 2014 atteste que Mohammed Alashram est « de bonne moralité et de conduite habituelle correcte », et la commission d’expulsion considère qu’aucune preuve de la dangerosité pour l’ordre public n’est établie à son égard. 

Mais il sera questionné, notamment lors de l’audience à la Cour National du Droit d’Asile, et sur base de notes blanches, sur ce qu’il pense d’Israël, de l’Occident, de la relation homme-femme, de certains versets du Coran, des caricatures de Charlie Hebdo, sans que ne lui soit accordée, comme le souligne son avocate, une véritable écoute de la part des magistrats.

Aujourd’hui, après avoir épuisé plusieurs recours, son avocate Me Nohra Boukara s’inquiète des délais de jugement, qui vont être longs et qui ne présagent aucune perspective immédiate de voir évoluer sa situation : il reste la médiatisation, la mobilisation et le cri de détresse de cet homme injustement isolé.

% commentaires (1)

Combien de coups tordus de la part des « services » ? Combien de sacrifiés sur l’autel de la raison d’état ? Le blanc seing donné aux membres des services leur permettent d’user et d’abuser de leurs prérogatives ( se souvenir entre autre, des irlandais de Vincennes) . La distribution d’une part du pouvoir régalien de l’état génère t-il fatalement des dépassements ? Il faut craindre que oui dans certains cas.Celui çi étant symptomatique de modus operandi qui hache la vie de ceux qui en sont victimes.La grève de la faim comme ultime recours contre l’arbitraire devrait alerter ceux qui n’ont qu’en ligne de mire des résultats à faire valoir politiquement.

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