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Les femmes en burkini sont-elles sales ?

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Beaucoup ont salué la clarté d’Édouard Philippe lorsqu’il s’est exprimé récemment sur les tenues en piscine (visant indirectement le burkini).

Après un rappel sur la laïcité et sur la nécessité de la neutralité des agents de l’État (par exemple les professeurs), le premier ministre avance, par une transition très floue sur le plan logique, un argument qui n’a strictement rien à voir avec son introduction sur la laïcité, puisqu’il concerne les règlements intérieurs des piscines, qui concernent probablement (il ne les cite pas) les règles souvent mises en avant : l’hygiène et la sécurité.

C’est pourtant sa conclusion qui est problématique, puisqu’il termine son raisonnement en disant : « Il faut être fermes avec ces règles (lesquelles ? celles sur l’hygiène ou la laïcité ?), non pas du tout parce qu’on serait contre telle ou telle religion. Ou contre la religion en général. Mais la loi, elle doit garantir la stricte neutralité ».

Or comme on le sait, conformément au principe de laïcité, la neutralité ne concerne que les agents et non pas les usagers. Il est donc clair que le principe de neutralité ne concerne pas les femmes qui portent un burkini.

D’où vient cette confusion, et cette transition dangereuse du principe de neutralité ? Elle vient notamment de certains règlements d’intérieur qui, pour interdire le burkini, évoquent des question d’hygiène et de sécurité. C’est ce qu’a rappelé Sibeth Ndiaye, porte parole du gouvernement, qui accuse les femmes en burkini de vouloir faire de la politique :

Ces règles de sécurité et d’hygiène sont-elle vraiment fondées, à partir du moment où les tenues type burkini sont conçues précisément pour l’eau ? Le CCIF a déjà posé la question par le passé, et les réponses étaient pourtant claires :

  1. Durant l’été 2016, le Conseil d’État a précisé ces tenues de bain ne sont de nature, à elles seules, à constituer un trouble à l’ordre public ou à induire des carences en matière d’hygiène et de sécurité, (Conseil d’Etat, 27 août 2016, n° 402742 ; Conseil d’Etat, 27 septembre 2016, n°403578). L’interdiction du burkini a donc été considérée par le Conseil d’État comme une atteinte grave et illégale aux libertés fondamentales.
  2. Le Défenseur des droits, après avoir interrogé l’agence scientifique et d’expertise du champ sanitaire, Santé Publique France, ainsi que le ministère des sports, apporte une réponse importante : « Même s’il couvre largement le corps, le burkini ne peut être assimilé à un vêtement de ville, tel que les shorts de bain, puisqu’il a été justement conçu pour la baignade : ainsi, ni la sécurité, ni l’hygiène des baigneuses n’apparaissent a priori menacées. »

Si on part du principe que la baignade est un moment de partage et de bien-être, on en arrive à poser une question très simple, symptomatique des crispations que traverse notre société : quelle est donc cette eau dans laquelle tout le monde ne peut se baigner ?

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Ce genre de commentaires de la part du gouvernement cache mal l’intolérance qui existe en France. Quand la France deviendra t’elle un pays libre; comme la plupart des autres démocraties occidentales?

Je croyais notre premier ministre plus intelligent.

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