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Loi de 2004 sur le voile : deux chercheuses de l’Université de Stanford reviennent sur les conséquences dramatiques de cette loi

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15 ans après l’adoption de la Loi n° 2004-228  du 15 mars 2004*, votée par 494 voix pour et 36 contre, supposée favoriser “l’émancipation” des jeunes filles, le constat est tout autre. Selon le travail desdites chercheuses, cette loi a donné lieu à une baisse drastique de l’autonomie des femmes musulmanes en France.

Il ne se passe pas une journée sans que la permanence juridique du CCIF ne soit saisie par une femme portant le foulard faisant état d’une discrimination subie en raison de son couvre-chef. On peut rappeler notamment le dernier rapport du Défenseur Des Droits qui explique que “les discriminations subies par des jeunes femmes musulmanes ressortent clairement des saisines de l’institution”.

Telle est la réalité du dévoiement du concept de laïcité. Les discriminations en raison du port du foulard sont multiples et la méconnaissance de la laïcité et/ou sa manipulation à des fins liberticides semble se banaliser au sein de notre société.

Deux chercheuses de la prestigieuse Université de Stanford, Vasiliki Fouka et Aala Abdelgadir, ont mené un travail de fond afin de mesurer l’impact de la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires publics français. Leur travail repose sur deux enquêtes qui ont permis d’analyser les trajectoires éducatives et professionnelles sur deux groupes de filles différents :

  • Des filles qui ont été impactées par la loi de 2004 et dont le père est originaire d’un pays à majorité musulmane ;
  • Des filles dont le père est né dans d’autres régions du monde où la population musulmane est moins importante.

Leur constat est frappant :

->  La loi a réduit considérablement la probabilité pour les filles portant le foulard de terminer leurs études secondaires ;

-> Les femmes musulmanes touchées par l’interdiction de porter un signe religieux ont mis plus de temps à terminer leur cycle d’étude ;

-> L’interdiction a perturbé le progrès scolaire des filles musulmanes ;

-> Sur le long terme, ce choc éducatif négatif se répercute sur plusieurs domaines tels que l’accès au monde du travail et le taux d’emploi.

Extrait de l’analyse

Aujourd’hui encore, le CCIF est saisi pour des affaires :

Nous sommes donc en droit de nous demander jusqu’où ces dérives vont nous mener ?

Le bilan de la loi de 2004 est sous nos yeux : un dispositif législatif présenté, alors, comme un bouclier censé protéger la loi de 1905 mais qui, dans la pratique et depuis une décennie, persécute et rend suspect tout comportement, attitude ou apparence de citoyennes de confession musulmane.

Vous aussi, à votre échelle, combattez l’islamophobie en adhérant au CCIF ou en faisant un don.

*Art. L. 141-5-1. – Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.

Le règlement intérieur rappelle que la mise en oeuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève.

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% commentaires (1)

La pire conséquence de la loi de 2004 est, qu’en utilisant la laïcité pour justifier des interdictions aux citoyens, elle en a fait un concept anti religieux liberticide (que les intolérants ne cessent de vouloir étendre). On peut comprendre l’idée d’imposer des restrictions vestimentaires aux élèves pour des raisons égalitaires, mais cela aurait du se faire sans référence à la laïcité. La Grande Bretagne impose des uniformes, mais accepte des variantes pour satisfaire les convictions religieuses des élèves(voile, kippa, turban, …).

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