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Agression islamophobe: coup de poignard sur un homme (et sur le journalisme)

La lame du couteau est passée à un centimètre de l’aorte de la victime. Il s’en est fallu de peu pour que Hisham* ne soit très gravement touché ce vendredi 23 décembre après avoir été victime d’une sordide agression islamophobe dans un bus de la ville de Houilles. Son agresseur, expliquant son crime par “peur du terrorisme” a été condamné à deux ans de prison ferme dont six mois avec sursis ce lundi 26 décembre au tribunal correctionnel de Versailles.

C’est en montant dans le bus que deux amis échangent des paroles faisant référence au Coran. Cela en était trop pour l’agresseur de Hisham qui déclare qu’il en a marre “d’entendre ça”. Témoin de la scène, Hisham l’interpelle, et lui demande s’il a un problème avec l’Islam, ajoutant qu’il est prêt à discuter avec lui.

Hisham reste assis à sa place, en faisant dos à son agresseur. C’est à ce moment-là que l’agresseur sort un de ses trois couteaux de sa poche et fonce sur sa victime en la frappant dans le dos. La lame s’enfonce dans la clavicule, évitant de peu l’artère vitale d’Hisham.   

La police procède à l’arrestation de l’agresseur. Passé en comparution immédiate, celui-ci a écopé de deux ans de prison ferme dont six mois avec sursis. 

  • Les failles du traitement journalistique du quotidien Le Parisien

La gravité des faits n’aura pas échappé au quotidien Le Parisien. Dans un article publié hier, les états d’âme de l’agresseur étaient mis à l’honneur sur pas moins de quatre paragraphes.

Dans un effort pour définitivement confisquer la parole de la victime, celle-ci n’aura eu droit qu’à une seule mention dans l’article, pour préciser “qu’elle n’a pas dit un mot”.

Dans une première version de l’article, l’abjection est atteinte lorsque l’auteur de l’article justifie le crime de l’agresseur en soulignant “qu’effectivement” la victime était “salafiste”.

Interpellé sur ce point hier dans la soirée, le site du Parisien a retiré en catimini la mention faisant référence à l’appartenance supposée de la victime au salafisme. Aucune excuse n’a été formulée par le quotidien et la tonalité générale de l’article, justifiant l’acte de l’agresseur par “peur du terrorisme” n’a pas pour autant été remis en cause.

Les citoyens de confession musulmane devraient pouvoir bénéficier du même traitement journalistique que leurs concitoyens, que ce soit lorsqu’ils sont  agresseurs ou victimes de ces crimes.

A défaut, les victimes d’actes islamophobes pourraient au moins bénéficier de la même empathie que leurs agresseurs.

*Le prénom a été modifié. 

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% commentaires (1)

c\’est scandaleux pas un jour sans que les musulmans ne soit victime d\’actes anti musulmans et islamo islamophobe. merci CCIF pour votre travail exceptionnel et remarquable

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