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Mis en cause, Le Crédit Lyonnais fait le choix de l’ouverture

Licenciée de son poste à la banque du Crédit Lyonnais suite à son choix de porter le foulard, Madame B se battait depuis 2011 pour rétablir ses droits. Sa persévérance et sa constance viennent d’être récompensées.

L’ex-salariée et le CCIF, à ses côtés depuis le début de l’affaire, viennent en effet d’apprendre une excellente nouvelle : déboutée dans un précédent jugement, la banque nous a informé de sa décision d’abandonner toutes poursuites de l’affaire. Une posture à saluer, la banque ayant fait le choix de prendre acte du précédent jugement et de dédommager la victime.  

Condamné après avoir procédé à un licenciement discriminatoire en novembre 2015, le Crédit Lyonnais doit verser 15 000 euros à Madame B en réparation du préjudice subie, en plus de 2000 euros à lui verser au titre des frais de procédure.

Madame B travaillait depuis 2006 en tant que « Conseiller Clientèle Particuliers ». Après une année de professionnalisation et d’un travail salué par sa hiérarchie, elle avait été embauchée en 2007 avec un contrat à durée indéterminé.

Un autre son de cloche a commencé à teinter lorsqu’en 2011, elle revient d’un congé maternité et parentale en portant un couvre-chef. Echangeant en amont de sa reprise avec son employeur, elle l’avait informé de son intention de porter un foulard. Son employeur lui avait alors clairement indiqué son opposition.

Cherchant un compromis, Madame B avait ensuite proposé à ce qu’elle travaille en tant que téléconseillère, sans contact avec la clientèle. Ce que son employeur avait strictement refusé, arguant que « le port du voile posait problème aussi bien en agence face à la clientèle, qu’hors contact avec la clientèle ». Le 1er décembre 2011, la salariée se présente à son travail avec son foulard. Le même jour, elle est convoquée pour un entretien menant à son licenciement.

Après avoir été d’abord déboutée par le Conseil des Prud’hommes de Paris en 2013, la plaignante avait fait appel de la décision. En novembre 2015, elle obtient gain de cause à la Cour d’Appel de Paris. Le désistement du Crédit Lyonnais vient définitivement clôre ce chapitre. La condamnation de la Cour d’Appel de Paris a en outre rappelé que « le foulard ne peut constituer en soi, en l’absence de toute autre circonstance, un acte de pression ou de prosélytisme ».

Cette décision de justice est importante dans la mesure où elle valide l’ensemble des positions que le CCIF défend, dans le respect élémentaire des droits et libertés fondamentales. Elle revêt une symbolique toute particulière au moment où des pressions sont exercées pour étendre la neutralité religieuse au secteur privé.  Elle est enfin synonyme d’espoir pour ces millions de femmes discriminées à chaque étape de leur vie, de l’enfance à l’âge adulte.

Dans un climat où la cohésion nationale est sans cesse fragilisée, aux entreprises d’œuvrer pour le vivre-ensemble et la non-discrimination.

Crédits photos: shutterstock

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Cela fait du bien d’avoir une bonne nouvelle de temps en te temps.

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