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Marie-Christine, mère de Fannie, exclue pour “jupe longue” témoigne

Un peu plus d’un an après l’affaire sur les jupes longues, un lycée de Seine-et-Marne (77) récidive. Encore une fois, l’établissement et l’académie concernés veulent se défausser de toutes responsabilités en rejetant la faute sur l’élève. 

Convertie depuis environ un an, Fannie décide de porter le foulard à partir du mois de janvier dernier. Chaque matin, avant d’entrer dans l’enceinte de son établissement, elle le retire systématiquement, comme l’exige la loi du 15 mars 2004  interdisant le port du foulard dans les établissements de premier et second degré. 

Le lundi 2 mai dans l’après-midi, Fannie est appelée en plein cours par une surveillante qui lui notifie une convocation chez la CPE (Conseillère Principale d’Education) du lycée. On lui apprend très clairement que sa tenue ne saurait être tolérée dans l’établissement du fait de sa jupe longue. 

Après avoir attendu 1h20, c’est au tour de la proviseur du lycée de lui reprocher  le port de sa jupe longue, signe “ostentatoire religieux”. Sans autre forme de dialogue, elle lui notifie oralement son exclusion tant qu’elle ne change pas de tenue. Jamais la proviseur ne motivera sa décision par écrit, ni à la demande de l’élève, ni à la demande de la maman.

En effet, les termes de l’article II- 2.1 de la circulaire du 18 mai 2004 n’interdit nullement le port de robes ou de jupes longues:

Les signes et tenues qui sont interdits sont ceux dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse tels que le voile islamique, quel que soit le nom qu’on lui donne, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive. La loi est rédigée de manière à pouvoir s’appliquer à toutes les religions et de manière à répondre à l’apparition de nouveaux signes, voire à d’éventuelles tentatives de contournement de la loi.

La loi ne remet pas en cause le droit des élèves de porter des signes religieux discrets.

Elle n’interdit pas les accessoires et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse. En revanche, la loi interdit à un élève de se prévaloir du caractère religieux qu’il y attacherait, par exemple, pour refuser de se conformer aux règles applicables à la tenue des élèves dans l’établissement.

Le lendemain, mardi à 13h, Fannie retourne au lycée vêtue de sa jupe longue. A l’entrée, sa proviseure l’attendait en personne pour l’empêcher de pénétrer l’enceinte de son établissement. 

Il convient de préciser que la proviseure a justement pris ses fonctions dans l’établissement le 2 mai. Le matin même, elle était postée à l’entrée avec un surveillant à l’arrivée des élèves et a pu constater que Fannie retirait son voile à l’entrée. L’après-midi même, Fannie était convoquée. 

Alors que Fannie est victime de discrimination religieuse, l’Académie de Créteil et une certaine presse (Le Figaro) voudraient la rendre coupable de sa situation: ce serait son “comportement” qui aurait pu laisser interpréter sa jupe comme étant un signe religieux. 

Pirouette désormais rituelle sur ce type d’affaire, une telle inversion des rôles est intolérable, d’autant plus quand c’est une enfant de 16 ans qui paye les injustices et les manquements d’adultes supposés être irréprochables.  

Face à ces tentatives d’enterrer la vérité, la mère de Fannie revient point par point sur les faits qui se sont produits le lundi 2 mai 2016 dans un très touchant témoignage : 

Suite à sa conversion, Fannie a déjà du encaisser les préjugés et l’éloignement de personnes très proche de sa famille. Aujourd’hui, alors qu’elle est en pleine adolescence, c’est l’Education Nationale qui en rajoute une couche. 

Fannie a certes depuis été réintégrée le lundi 9 mai dans son établissement suite à la médiatisation de son affaire, mais il appartient désormais à l’Education Nationale de prendre ses responsabilités.

Le CCIF qui s’est réjoui de la  conférence ayant pour objet la lutte contre les discriminations au sein de l’école organisée le 3 février 2016 par le rectorat de Créteil et qui constitue une première, appelle à ce que les enseignements tirés de celle-ci soient mis en oeuvre. 

Tous ensemble, il est temps de dénoncer ce comportement pour ce qu’il est: de l’abus d’autorité fondé sur une position idéologique d’exclusion aboutissant à discriminer des élèves pour leur appartenance à la religion musulmane. 

Le ministère de l’Éducation nationale ne devrait pas perdre de vue que si l’école est le sanctuaire de la République, des mesures fermes devraient être prises pour préserver ses valeurs, qui sont censés fonder la mission éducative de l’école.  

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% commentaires (6)

Salam aleykoum,
Ce pays sombre dans une hystérie irrationnelle qui n’a rien à envier à certains épisodes historiques dont l’hexagone en a le secret.

François Xavier Haquet

Ma jupe est elle Charlie ?

Ma pudeur vous dérange ?
Vous voulez voir mon cul ?
Vous voulez voir mes franges ?
Pourquoi pas toute nue ?

Ma pudeur vous agace ?
Ou c’est ma religion ?
Parce que là ça me glace
Vraiment j’ai des frissons.

Ma pudeur est obscène ?
Mais les caricatures ?
Les mots que l’on m’assène
Cela est il moins dur ?

Ma pudeur vous fait peur ?
Mais la laïcité
Devrait avoir à cœur
De me la protéger.

Si c’est ostentatoire
De n’exposer mon corps
A des lourds à bavoir
Des idiots et des porcs

Ni pute ni soumise
Mais si je veux choisir
On me dit des bêtises
Si je veux me couvrir.

Car cette année la jupe
Se doit d’être mini
Surtout pas longue et noire
Bien sur on est Charlie.

Là j’en ai un peu marre
Toutes ces conneries
Vous voulez la victoire
De l’islamophobie ?

A François, merci pour votre prose! 🙂

L’éducation nationale c’est devenu la gestapo a ce que je vois en gros si vous portez une jupe longue mais que vous êtes pas musulmane c permis mais si vous êtes musulmane on vous fiche,vous affiche et vous humilie jusqu’au bout de l’année scolaire pour que vous raté bien votre année.
Je pense aussi à ce jeune noir handicapé à qui le proviseur n’a pas bouge le petit doigt mais au contraire l’a enfoncé parce que le taxi qui l’emmenait à l’école ne prendra plus en charge le trajet (l’état ne veut pas renouveler le contrat). Il a signalé ces absences à l’État afin que lui et sa famille subissent le retrait de sa pension handicapé,la déscolarisation et le redoublement alors qu’ils subissent déjà l’inaction de l’Etat.
Il n’est pas bon d’être noir,handicapé,musulman,arabe,converti aux yeux de l’education nationale alors ne vous étonnez pas que ces gosses finissent mal et se sentent exclus par les personnes qui sont censées leurs montrer comment être de bon citoyen.

Cet acharnement montre à quel point quelles sont les cibles a abattre psychologiquement au sein des établissements. Tout est fait pour pousser ces lycéens à la descolarisation et à l’exclusion pour qu’ils finissent aux mains de réseau terroriste. Comme dirait les pessimistes il faut bien que l’Etat trouve son bouc émissaire.

Courage Marie Christine on te soutient. Sois forte toi et ta fille cette vidéo m’a fait pleurer tellement on voit comment il s’acharne dans le faux,le mensonge et la destruction de l’individu en construction.

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