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Discriminée en salle de sport, sa persévérance est récompensée

A chaque étape de leur vie, pour chaque geste du quotidien, même le plus anodin, les femmes musulmanes sont susceptibles de subir des discriminations ou des violences: elles sont en 2015 à 74% les premières victimes d’islamophobie.

Pour Jihane, c’est son inscription à une salle de sport qui lui a été refusée, du fait de son foulard. 

Le 7 septembre 2015, elle entreprend de s’inscrire dans un club de sport situé en région Rhône-Alpes Auvergne. Une employée de la salle lui affirme au moment de l’inscription que « par contre ici les couvres-chefs sont interdits – casquette, voiles et kippa« . 

L’employée justifie cette interdiction par un article du règlement intérieur prohibant tous couvres-chefs, sans égard pour la liberté de conscience, pourtant impératif dans notre cadre légal. 

Connaissant ses droits, Jihane rappelle qu’un lieu public ne saurait refuser un bien ou un service en raison de l’appartenance ou non-appartenance, réelle ou supposée à une religion déterminée. L’interdiction générale de tous couvres-chef sans dérogation à la liberté religieuse est de fait frappée d’illégalité. 

Tour à tour, l’employée de la salle de sport, le gérant et le directeur commercial lui affirment que cette interdiction est la politique de la société gérant cette salle de sport. 

Jihane n’abandonne pas ses démarches. Elle contacte le CCIF qui la guide dans la marche à suivre et la met en contact avec un avocat et un délégué du défenseur des droits. Aux côtés de ces démarches, elle dépose plainte pour « discrimination ». 

Sa persévérance a porté ses fruits, non seulement pour elle-même mais aussi pour toutes les autres personnes susceptibles d’être discriminées par ce règlement intérieur. 

Contactant les fédérations sportives à ce sujet, c’est avec bonne intelligence que le défenseur des droits a contacté l’avocat de la société de sport en précisant que cet article du règlement intérieur était illégal et qu’il convenait de rajouter une dérogation pour impératif religieux à l’interdiction générale du port de couvre chef. 

Si des impératifs de sécurité peuvent naturellement être entendus lors de certaines pratiques sportives particulières comme le Karaté et le Taekwendo, des couvres chefs spécifiquement conçus pour la pratique sportive existe.  

Grâce à la persévérance de Jihane, un rappel du droit a pu être mis à l’oeuvre, conduisant à la modification de ce règlement intérieur en conformité avec les impératifs de sécurité et l’impératif religieux. 

Sachez que le port du foulard et la pratique sportive peuvent s’accorder, dans le respect de l’impératif de liberté de conscience et religieuse des sportifs, sans que la question de la sécurité ne soit une entrave, à l’image d’Ibtihaj Mohammed, membre de la fédération sportive américaine pour les jeux olympiques de 2016. 

Crédits photos: www.shutterstock.com

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% commentaires (2)

Très bonne nouvelle ! Magnifique démarche de notre soeur Jihane ! Que Dieu te garde et te récompense !

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