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Corse: retour sur un territoire perdu de la République

Suite à l’incendie de la mosquée située au quartier de Mezzavia en Corse ce week-end, Bernard Cazeneuve affirmait dans un communiqué sa détermination à rechercher activement les auteurs de cet acte. 

A ce jour, les auteurs du saccage de la salle de prière le soir du réveillon de noël n’ont toujours pas été inquiétés. 

En Corse, un peu moins d’une vingtaine de lieux de culte musulmans se trouvent sur l’île, et pourtant déjà sept d’entre elles ont été la cible d’un acte de haine. Depuis janvier 2015, ce sont  au moins une dizaine d’actes contre des institutions et commerces musulmans qui se sont enchaînés sur le territoire Corse. Aucunes condamnations n’ont été prononcées pour ces actes de haine. Et les enquêtes piétinent. 

  • Des attaques à répétition contre les institutions et commerces musulmans.

Dans la foulée des attentats des 6,7 et 8 janvier, une vague d’attaques contre les institutions et commerces musulmans avaient été enregistrée par le CCIF. En l’espace de trois mois, une quarantaine de lieux de culte avaient été vandalisée, profanée, voir incendiée sur le territoire national. La Corse n’avait pas été épargnée . 

En l’espace de 15 mois, ce sont 12 actes de dégradations islamophobes qui ont été enregistrées en Corse :

– Le 7 janvier 2015, un tag “Arabi Fora” (Arabe dehors) et une croix gammée étaient retrouvés sur le mur du Conseil du culte musulman en Corse. 

– Le 8 janvier 2015, un cadavre de sanglier avait été éjecté devant la mosquée de Corte (20 250), une enveloppe épaisse contenant de la poudre était posée sur la carcasse.  

– Le 10 janvier 2015, même mode opératoire, une carcasse de sanglier avait été retrouvée devant une mosquée à Ghisonaccia (20240). 

–  Le 14 janvier 2015 sur une mosquée située à Sarrola-Carcopino (20167), c’est encore une inscription IAF pour “I Arabi Fora” qui a été retrouvée sur l’enceinte de la mosquée. 

– Dans la nuit du 29 au 30 avril, c’est cette fois devant une boucherie halal à Ghisonaccia qu’est retrouvée une dépouille de sanglier. 

– Le 9 octobre 2015, une tête de sanglier est accrochée à l’entrée d’une mosquée située à l’île Rousse (20220).

– Le 24 décembre 2015, c’est un petit groupe de “manifestants” qui est venu saccager la mosquée située à proximité des jardins de l’empereur. Des Corans sont brûlés. 

– Dans la nuit du 2 au 3 février 2016, une boucherie halal à Propriano (20110) est criblée de balles  avec un fusil d’assaut. 

– Dans la nuit du 29 au 30 avril, la mosquée du quartier de Mezzavia est complètement détruite par un incendie.  

Aucun des auteurs de ces attaques n’ont été pour le moment appréhendés. Aucune de ces personnes n’a pu être traduite en justice.

  • Des enquêtes négligées

Les responsables de la mosquée incendiée ce week-end ont déposé plainte au commissariat de proximité. Sous prétexte que l’affaire était connue médiatiquement, les agents de police n’ont pas jugé utile de leur remettre un procès  verbal de plainte . Cela fait trois jours qu’ils attendent la remise de ce procès-verbal. 

Plus grave, aucun des auteurs du saccage de la mosquée des jardins de l’empereur le soir du 24 décembre n’a été appréhendé, alors même que cet acte a été perpétré en pleine état d’urgence. 

Contacté par le CCIF, un responsable d’une association musulmane en Corse nous précise pourtant que des témoins étaient présents et que des caméras de surveillance pouvaient filmer les assaillants. Pire, ceux-là ont pu marcher durant un kilomètre en direction de la mosquée sans être appréhendés par des agents de police.

Dans un climat tendu où des groupuscules veulent mettre à mal la cohésion nationale, il est extrêmement grave qu’aucune de ces enquêtes n’aient pu aboutir à des arrestations. 

Bilan: sur ces 12 actes de haine envers des institutions et des commerces musulmans perpétrées depuis 2015, aucune interpellation n’a eu lieu, aucune condamnation judiciaire  n’a été prononcée. 

A la parole doivent se joindre les actes. Force est de constater qu’en Corse, un groupuscule islamophobe peut sévir  en toute impunité .  En l’absence de protection de ces lieux de culte par l’Etat, qui s’y est pourtant engagé à travers le plan de sécurisation des sites confessionnels, et à défaut d’enquête sérieuse, des individus emplis de haine à l’égard de leurs concitoyens de confession musulmane peuvent effectivement continuer à perpétrer en toute tranquillité leurs forfaits.

A quand la fin de cette impunité tolérée, somme toute, au plus haut sommet de l’Etat ?

Ensemble, nous sommes plus forts. 

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