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Lettre ouverte à la Ministre Laurence Rossignol

La lettre ouverte de Nadia, à la ministre de l’enfance, de la famille et des droits des femmes. 

Madame La Ministre,

Permettez-moi en mon nom et en mon nom seul, de vous supplier ardemment de ne pas chercher à me porter secours, de  ne pas essayer de m’extirper de mon aliénation à un hypothétique père salafiste ou pire,  wahabite.

Je vous demande humblement de m’oublier, de me rayer de la liste de vos objectifs sur le chemin de l’émancipation de la femme et de l’égalité des sexes.

Madame la Ministre, je me sacrifie volontiers en ce jour où ma liberté est entravée par les pans de ma jupe trop longue de chez Kiabi, et où ma sagacité se trouve obturée par mon foulard trop opaque de chez Gucci. C’est remplie d’abnégation que je vous conjure, Madame la Ministre d’user de votre haute compétence pour secourir à ma place mes sœurs de galère qui ont moins de chance que moi : de la mère isolée qui cumule deux petits boulots pour nourrir ses enfants alors que le voisin de père vaque allègrement à ses occupations les bourses et le ventre pleins ; à l’ingénieure qui s’échine pour être meilleure que tous afin d’espérer toucher en fin de carrière la même retraite que son mari. N’oubliez pas également, je vous en supplie, les femmes couvertes de la tête aux pieds comme moi mais qui pointent elles tous les jours sur la route de Saint Germain -en-Laye.

Car voyez-vous Madame la Ministre, je suis prête  à me battre et à vaincre seule pourvu que vous me promettiez qu’à la fin de votre fonction, les femmes victimes de viol iront porter plainte la tête haute et seront reçues par des agents de police plein de compassion, que les femmes acquièrent l’égalité absolue avec les hommes tant sur le plan social que juridique.

Lorsque vous aurez atteint ces objectifs Madame la Ministre, je suis sûre que vous serez tellement fière de vous (et à juste titre !) que vous vous apercevrez  que mon absence de liberté n’était rien face au chantier que vous aurez accompli, que mon aliénation que vous dénonciez jadis aussi vivement n’avait d’égale que l’incompétence dont vous vous affubliez par crainte de ne pas réussir.

C’est pour cela Madame la Ministre que je vous supplie cette fois au nom de toutes les femmes, de ne plus hurler avec les loups mais de vous atteler au travail colossal qui vous attend pour devenir la digne héritière de Madame Simone Veil.

Parler moins en faisant plus, voilà qui rendrait service à toutes les femmes sans exception y compris aux aliénées des radicalismes.

Soyez assurée, Madame la Ministre de ma bienveillance la plus haute.

 

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