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Un rapport du Conseil de l’Europe déplore la « banalisation » du discours islamophobe en France

Des experts du Conseil de l’Europe se sont inquiétés ce mardi de “l’accroissement des violences racistes, antisémites et islamophobes”.

Les experts ont dénoncé tour à tour la banalisation préoccupante des discours islamophobes dans l’espace politique et les discriminations subies par des femmes portant le foulard, ainsi que des enfants à l’école, souvent dues à une instrumentalisation de la laïcité et à une méconnaissance du droit.

Marine Le Pen et ses propos sur les prières de rue, Jean-François copé évoquant des “voyous” musulmans qui auraient arraché un pain au chocolat à un jeune au motif “qu’on ne mange pas pendant le ramadan”, les experts ont pointé du doigt la “persistante préoccupante des discours islamophobes”.

Est également dans le viseur du rapport du Conseil de l’Europe, le manque de clarification sur le principe de laïcité conduisant à des décisions discriminatoires. De la circulaire Chatel datant de 2012 recommandant l’interdiction pour les mamans voilées de participer aux sorties scolaires, aux décisions de supprimer tout menu sans porc à la cantine, le Conseil de l’Europe rappelle et insiste sur la nature discriminatoire de ces mesures. En 2013, une décision rendue par le Conseil d’Etat avait jugé illégale l’interdiction formulée dans la circulaire Chatel.

Ce constat rejoint en tout point celui du CCIF. C’est le cas notamment pour les tendances que nous avons observées depuis plusieurs années et que nous avons décrites dans notre rapport annuel 2016 sur notre état des lieux de l’islamophobie en 2015.

Nous le répétons: la banalisation du discours islamophobe dans les espaces politique et médiatique, couplée avec une justice anormalement complaisante, lorsqu’il s’agit de condamner les actes islamophobes, crée un cercle vicieux et appelle à la récidive.

Résultat: nous avons enregistré une hausse de 18,5% des actes islamophobes en 2015, par rapport à 2014.

Graphique-rapport-2016

Aussi, le manque de formation, notamment juridique, sur les questions de laïcité, explique que 64% des actes de discrimination que nous avons recensés ont lieu dans des institutions. L’immense majorité de ces actes pourraient être évités par un simple travail de prévention. 

Ne l’oublions pas, ce sont les discours des représentants des institutions et des médias qui font le lit d’un racisme qui s’exprime, de plus en plus violemment, dans la société française. Ces formes d’expression normalisent et légitiment le rejet d’une partie de nos concitoyens. 

Nous en appelons aux responsables politiques, afin de les amener à prendre leurs responsabilités. Un travail de prévention sur le principe de laïcité et les discriminations devrait également être mené auprès des agents de la fonction publique.

Crédits Photos: Shutterstock

                                                          

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