BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Etat d’urgence : une famille entière est assignée à résidence

Le 15 novembre, la famille J a été perquisitionnée à son domicile. Le 24 décembre, c’est quasiment​ l’ensemble des membres de la famille qui est assignée à résidence.

Le cas de la famille J pourrait aisément symboliser le naufrage de la politique anti-terroriste menée par le gouvernement, tant plusieurs éléments de ce dossier révèlent des aberrations relevant du Droit Elémentaire.

Celle-ci comprend six membres : M. J actuellement en prison pour une affaire de recels et de vols datant de 2004, Clémence* J, épouse de M. J, Mme J, mère de M. J et les trois frères de M. J.

Encore une fois, les faits reprochés dans les arrêtés d’assignation à résidence ne se basent que sur de simples soupçons, substituant une justice fondée sur des  éléments de preuve par une justice fondée sur de simples suspiscions.

  • Irrationalité manifeste de cette décision d’assignation à résidence

Devant l’urgence de craindre une entreprise terroriste échafaudée par les membres de cette famille, ceux-ci seront tous -sauf le troisième beau-frère qui semble avoir été épargné – assigné à résidence, 1 mois et demi après leur perquisition.

Outre le questionnement généré par la cohérence d’assigner des personnes soupçonnées de préparer un attentat un mois et demi après leur perquisition, les soupçons de terrorisme motivant l’arrêté vise Mme J, atteinte de DMLA (maladie de dégénérescence maculaire lié à l’âge), ses deux petit-fils, tous deux atteints de diabète (le plus jeune n’a que 15 ans !) et, comble de l’ironie M. J, lui aussi assigné à résidence quand bien même il est déjà incarcéré en prison. De sa prison, celui-ci est supposé pointer deux fois par jour, à 8h30 et 18h30 à la brigade de gendarmerie relevant de sa compétence géographique.

Quant à Clémence, les motifs inscrits dans l’arrêté d’assignation à résidence dénotent un grossier amalgame entre l’appartenance à l’Islam et le terrorisme. En effet, il lui est reproché d’avoir accroché des « invocations religieuses sur certains murs et certaines portes de l’habitation,». Des « ouvrages à connotation salafiste » sont également incriminés quand bien même ces ouvrages sont en réalité des ouvrages classiques de droit musulman disponibles dans toutes librairies, même à la FNAC.

Il lui est également reproché d’avoir été en lien avec des individus soupçonnés d’affiliation au terrorisme. Cette accusation provient du fait que son époux ait déjà échangé quelques conversations en p​rison avec deux individus dont il ignorait totalement leur adhésion au terrorisme. M. J est désormais tellement sous le choc de cette accusation qu’il n’ose plus descendre dans la cour pour échanger avec les codétenus.

Une ex-compagne d’un des individus soupçonnés de terrorisme avec qui M. J avait eu quelques échanges, s’est rendue une seule fois en p​rison avec Clémence, celle-ci souhaitant être accompagnée pour sa première visite en prison. Ce sera la première et la dernière fois qu’elle la rencontrera, décidant de couper les liens avec cette personne après avoir observé le comportement agressif que cette dernière a adopté avec les gardiennes.

Son assignation à résidence découle clairement de cet épisode, décrit dans l’arrêté l’assignant à résidence. Il est écrit que Clémence et cette personne se sont rendues toutes deux en Niqab en Prison, ce qui est formellement faux. Seule l’ex-compagne portait un Niqab.

Clémence et M. J subissent une décision arbitraire pour avoir eu le malheur d’échanger quelques​ fois avec des individus dont ils ignoraient parfaitement leur rattachement au terrorisme.

  • Le beau-frère de Clémence, diabétique, subit une garde à vue de 6h suite à un retard à son pointage.

Atteint de diabète, le beau-frère de Clémence, âgé de 15 ans, a enduré une garde-à-vue de 6 heures pour avoir été en retard au pointage au commissariat. Quand bien même il leur a précisé leur état de santé, il aura fallu que les policiers l’emmènent à l’Hôpital, 6 heures plus tard, pour se rendre compte qu’effectivement ses dires étaient véridiques.

Un homme déjà incarcéré assigné à résidence, des motifs vagues basés sur des simples soupçons, voir faux, cette décision d’assignation à résidence fait preuve d’une irrationalité inquiétante et démontre l’incompétence grave de la politique sécuritaire menée contre le terrorisme.

En attendant, cette famille est durement touchée par l’Etat d’Urgence: en plus de leur assignation à résidence, l’un des frères de M. J a perdu son travail et nul besoin de préciser que leur voisinage les considère maintenant comme des suspects en puissance.

(*) Les prénoms et les noms de famille ont été changés.

Articles associés

% commentaires (1)

Pauvre famille..

Pour des suspicions grotesques. En réalité l Etat d urgence n apporte peu de bonnes choses puisque cet Etat n\’installe qu un climat de froid et réduit la liberté des citoyens français. Ce qui n est pas normal car nous avons justement besoin de l Etat pour nous proteger hors cet Etat d urgence s en prend au plus noble et innocent des citoyens ! c est aberrant voir inhomprehensible… le gouvernement ne souhaite en aucun cas être responsable de ce qui s est passé alors ils créer des coupables pour pouvoir se justifier voir être crédible. ..oui nous pouvons dire que c est de la triche en tous cas cela camoufle bien leurs incompétences.
.
il faut denoncer ces dérives et soutenir ceux qui injustement en souffrent ainsi tous ces efforts fourni vont nous permettre de céser ce système bien corrompu.

Parce que nous somme aussi la France.

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.