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Humiliation, porte arrachée : perquisition chez un militant anti Daech, sa maman handicapée et un bébé.

 

Après les attentats, les autorités françaises ont informé le Conseil de l’Europe du fait qu’elles « dérogeraient à la Convention européenne des droits de l’Homme » dans le cadre de l’état d’urgence. Mais le Conseil de l’Europe a prévenu : certains droits ne pourront être dérogés, notamment en cas de « traitements dégradants ».


Alors qu’en est-il en pratique ?


« Dans la nuit du 2 décembre 2015 aux alentours de 2h00 du matin, mon domicile a été perquisitionné par les forces de l’ordre, composées de plusieurs brigades  dont  des  maitres-chiens,  je  ne  saurais  exactement  vous  dire  de quelles brigades il s’agit car ils ne m’ont donné aucune information.

Nous étions ce soir-là 4 personnes au domicile, moi, mes parents et mon petit neveu de 2 ans. Nous avons entendu de très forts coups sur la  porte, mon père s’est levé en sursaut et s’est dirigé vers la   porte, il a demandé à   plusieurs reprises d’arrêter  de taper car il était prêt à l’ouvrir… en vain…

Une fois entrés, ils nous ont mis à terre moi et mon père, menotté en mettant un pied sur la tête de mon père, ma mère étant dans l’incapacité de s’allonger a terre car elle est handicapée, un officier d’intervention cagoulé lui a crié dessus: « A terre !!! » tout en l’injuriant. (Je précise que ma mère est en fort surpoids dû à son handicap…) »


Finalement, la maman et les autres membres de la famille présents sont escortés brutalement jusqu’au salon. La perquisition débute. Le temps passe et toujours aucune explication n’est donnée à la famille.

« J’ai  redemandé à un officier pourquoi ils étaient là, il m’a répondu  » On est là dû aux événements qui se sont déroulés à Paris récemment, je ne peux pas en dire plus, nous recevons un nom et une équipe d’intervention et nous intervenons« .

A ce moment-là je me suis senti mal en pensant que j’étais accusé de choses contre  lesquelles  moi-même  je  milite  et  que  je condamne fortement… A savoir: Le terrorisme… »

Il indique aux forces de l’ordre un endroit où se trouvent des tracts qu’il distribue à ce sujet à ses proches, dans les mosquées et ailleurs. Des tracts qui préviennent des dangers de Daech et d’Al Quaïda.


« J’ai voulu donner ces prospectus à ces policiers afin de leur prouver que je ne suis vraiment pas ce qu’ils pensaient trouver en entrant chez moi…. »

Un officier de la Bac lui pose alors diverses questions sur l’Islam, sur ses voyages, sur sa vie en général et sur ce qu’il ressent en voyant sa porte arrachée. Finalement la perquisition prend fin.

Pour la porte ? Il faut voir cela avec le bailleur indiquent les policiers.


« Nous avons donc passé cette nuit sans porte avec un bébé de deux ans, je précise que nous habitons un rez-de-chaussée qui donne face à même pas 2 mètres de la porte d’entrée de notre immeuble »


Les courants d’air et les regards des voisins envahissent l’appartement.

Leur gardien tente de les aider mais leur indique que les démarches prendront quelques jours. Ne pouvant pas rester une heure de plus sans porte, et malgré son coût de 1500€, la famille décide de la remplacer à ses frais.

Aujourd’hui le traumatisme et l’incompréhension sont omniprésents. Les regards des voisins sont insistants et la suspicion est extrêmement pesante.


« Ma mère malade et reconnue handicapée ne s’en remet pas, mon père est tout autant choqué du traitement qu’il a eu, ils se sentent humiliés »

La famille est également très inquiète pour son neveu de 2 ans qui a assisté à toute la scène.

« Et moi perdu dans toute cette histoire où je ne comprends vraiment pas pourquoi nous avons été traité de la sorte, moi simple citoyen français musulman essayant de vivre ma religion au mieux tout en respectant bien évidemment ce pays où je suis né où j’habite où j’ai mes racines, ma famille, mes amis… Le seul fait que je me « reproche » si je puis dire c’est d’être musulman pratiquant portant la barbe et le qamis…. »

Les abus de l’état d’urgence se multiplient et font chaque jour de nouvelles victimes collatérales d’une politique sécuritaire qui se trompe d’ennemis dans la majorité des cas.


Aujourd’hui, ces dérives ne sont plus à démontrer et ne peuvent être justifiées par la lutte contre le terrorisme. Cette dernière ne se remporte pas en traitant les innocents comme coupables ou en les terrorisant.


La stigmatisation ciblée qui émane du gouvernement et touche des citoyens à part entière n’est pas acceptable dans une démocratie et un État de droit.


Cette situation a obligé le CCIF à mobiliser plus de moyens pour venir en aide aux victimes de l’état d’urgence et nous en appelons à chacun pour nous aider, en cliquant ici.

Il n’y a pas de petits dons. Il n’y a que des efforts communs pour faire face à des menaces communes.

Le CCIF ne bénéficie d’aucune subvention, seule votre générosité nous permet d’avancer.

 

Ensemble, nous sommes plus forts.

% commentaires (3)

quand est ce que ces horreurs et ces terreurs pratiqués par les forces de l’ordre prendront fin ??

Des pratiques dignes d’une armée d’occupation
On se croirait dans un état occupé et on commence à comprendre contre qui cette « fameuse guerre » est elle déclarée!!
Après chaque barbarie tout le monde se posent la question « a qui profite cela ?» moi je dis toujours qu’il faudra attendre quelques jours après pour comprendre!!
Même si le monde entier sait et reconnait (y compris des dirigeants politiques) que cette organisation criminelle est créée, nourrit et soutenue par des « ennemies de l’Islam et des Musulmans » et qu’elle fait plus de ravage parmi les musulmans, mais on veut qu’on paye son prix a tout prix?! Qu’on soit « doublement » sanctionnées (en tant que victimes puis accusés)?? Quel mépris!!

Pour commencer félicitations pour votre travail et votre aide. que Dieu vous récompense.
cela représente plutôt une guerre contre les musulmans et non contre les terroristes!
triste réalité. ..

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