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Discriminé, il piège la recruteuse.

 

Hakim est moniteur-éducateur de formation. Il cherche un emploi.

Mi-octobre, il postule dans une fondation reconnue d’utilité publique, pour un poste correspondant parfaitement à ses compétences. Il envoie son CV et sa lettre de motivation, mais quinze jours plus tard, il n’a toujours pas de retour, positif comme négatif.

Curieux de ce silence, Hakim se demande si cela n’a pas quelque chose à voir avec son nom. Il est d’origine arabe, ce qui amène  généralement les employeurs à penser qu’il est également musulman. Pour en avoir le cœur net, le jeune homme décide de changer son nom sur son CV et sa lettre de motivation, et d’y apposer un nom à consonance européenne, sans rien modifier d’autre.

Il envoie sa nouvelle candidature. Quelques heures après, le téléphone sonne. C’est la fondation.

Son interlocutrice est très intéressée par son profil qu’elle juge comme correspondant particulièrement à ses attentes pour le poste. Hakim, qu’elle n’avait pas daigné contacter sous sa véritable identité, lui révèle celle-ci ainsi que le fait qu’il ait simplement modifié son nom et son prénom.

Prise de panique, elle raccroche, mettant un terme à toute discussion.

Hakim n’en reste pas là. Il décide de lui envoyer un texto lui faisant part du fait qu’il était tout aussi compétent que son double au faux nom, et qu’il était très dommage de s’adonner à une telle discrimination.

La neutralité et la considération n’ont en effet pas été de rigueur durant l’étude des candidatures…

Ayant sans doute pris conscience de la gravité de ses méthodes de recrutement, et du retentissement qu’une telle affaire pourrait avoir sur elle et la fondation, son interlocutrice lui répond quelques minutes plus tard :

« Propos bien reçus, souhaitez-vous maintenir le rendez-vous de jeudi ? ».

Le message est clair. Sans excuses, ni remords, elle est contrainte de faire bonne figure.

Hakim contacte le CCIF, qui l’accompagne aujourd’hui dans ses démarches.

L’article L1132-1 du Code du travail dispose que nul ne peut être  « écarté d’une procédure de recrutement » en raison de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée « à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses […] ».

Cette affaire nous renvoie à l’étude menée par Marie-Anne Valfort intitulée « discriminations religieuses à l’embauche : une réalité », et dans laquelle elle explique à quel point origine et religion sont désormais intimement liées. Quelle que soit la réalité, un prénom et un nom peuvent induire l’idée d’une appartenance à l’Islam. Elle ajoute ainsi que « seuls 26 % des Français ont une bonne image de la religion musulmane », ce qui expliquerait le comportement de certains recruteurs. (Retrouvez l’article ici)

Il nous appartient à tous de dénoncer  et de lutter contre ce genre de pratiques.

Sans votre aide rien n’est possible alors soutenez le CCIF.

En donnant: http://ccif.me/jefaisundon
En adhérant: islamophobie.net/adherez
#EnsembleNousSommesPlusForts

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