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Intervention de Lila Charef, responsable du service juridique du CCIF, au Festival le Monde [vidéo]

Le 27 septembre dernier à l’Opéra Bastille se tenait une table ronde organisée dans le cadre du Festival le Monde, sur le thème « Laïcité, religions et liberté d’expression ».

Quatre intervenants étaient présents :

Lila Charef – Responsable du service juridique du CCIF

Pascal Balmand – Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique

Jean Baubérot – Historien et sociologue français / spécialiste de la laïcité

Riss – Directeur de la publication de Charlie Hebdo

La table ronde débute sur le rappel des attentats meurtriers du 11 janvier 2015 et sur la manière dont la société française a fait face à ces évènements et aux bouleversements qu’ils ont entraînés les mois suivants.

Lila Charef indique :

«Je pense que nos concitoyens musulmans étaient tout aussi atterrés, frappés, stupéfaits de ce qui s’est passé lors de ces attentats et qu’ils avaient aussi la lourde responsabilité finalement de devoir répondre au nom d’une responsabilité collective qu’on tend à leur imputer chaque fois que des évènements aussi graves surviennent ».

Le débat, glissant peu à peu sur le terrain de l’analyse de la laïcité, continue.

Pour Pascal Balmand, la vraie question sur ce sujet est la suivante : « Où en sommes-nous dans ce pays dans notre capacité à différer tranquillement ? A nous rassembler sans vouloir nous ressembler ? »

Jean Baubérot répond en dénonçant une « fausse laïcité », loin de celle de 1905.

Il prend alors l’exemple de l’interdiction des menus de substitution dans les cantines scolaires et les récentes affaires de jupes à l’école : « L’éducation nationale se focalise sur la longueur des jupes des jeunes filles, sur l’endroit où elles ont acheté ces jupes, cette police du vêtement qui arrive en France, et au nom de la laïcité ! On est dans une notion complètement pervertie de la laïcité, et c’est ça le problème, c’est-à-dire que la laïcité est effectivement devenue un masque pour dire autre chose ».

Lila Charef ajoute que depuis quelques années, une sorte de « police vestimentaire » s’est développée dans les établissements scolaires, par laquelle la longueur des jupes ou la largeur des tuniques des jeunes filles portant le voile à l’extérieur de l’établissement sont contrôlées à l’intérieur de celui-ci, alors même qu’elles se sont défaites de leur signe religieux.

La responsable du service juridique du CCIF précise qu’elle n’exagère pas :

« Ce qui est difficile avec la lutte contre l’islamophobie c’est que nous tombons sur des cas de figures tellement aberrants, tellement absurdes que lorsqu’on les relate on n’y croit pas et c’est pourtant une réalité. […] On a des jeunes filles qui abandonnent l’école, parce qu’on les harcèle, on les convoque intempestivement dans les bureaux, on exerce des pressions sur elles, si vous voulez je peux vous inviter à les rencontrer ».

Une spectatrice rétorque que ce sont des cas marginaux, ce à quoi Jean Baubérot répond «  c’est trop facile de nier la réalité ! »

Au travers de son intervention, Lila Charef a mis un point d’honneur à rappeler la définition de l’islamophobie ainsi que sa réalité, mais aussi d’expliquer pourquoi était né le CCIF et quel était son but.

« Ce que nous souhaiterions aujourd’hui, c’est que l’islamophobie n’existe plus. Le CCIF a vu le jour pourquoi ? Non pas parce qu’il voulait défendre les musulmans parce que ce serait plus grave que pour les autres individus de cette société, non ! Il l’a fait parce que lorsque ces individus se présentaient aux associations de lutte antiraciste traditionnelles, il n’y avait pas de relais, ils étaient laissés sur le bord du chemin. Voilà pourquoi le CCIF a vu le jour »

Ce à quoi elle ajoute :

« Notre raison d’être, c’est d’apporter un soutien juridique et psychologique  à ces personnes-là afin qu’elles se saisissent de leurs droits et les exercent devant les juridictions comme le ( leur) confère la loi. »

Si l’islamophobie se banalise et que beaucoup de gens ne croient pas à son existence et considèrent ce phénomène comme « marginal », il nous appartient de faire respecter nos droits, et de montrer à tous, que l’islamophobie existe, qu’elle représente un réel danger pour les musulmans comme pour la société française, et qu’elle nécessite d’être fermement combattue.

Ensemble, nous sommes plus forts.

 

Pour voir la vidéo de cette table ronde, cliquez ici :

http://www.lemonde.fr/festival/video/2015/10/06/lemonde-festival-2015-lai-cite-religions-et-liberte-d-expression_4783496_4415198.html?xtref=http://t.co/GsUp3E28nJ


% commentaires (1)

Oui, personnellement j’aimerais rencontrer ces jeunes filles qui se disent « harcelées » au point de quitter l’école. Car pour le moment nous avons toujours des témoignages indirects, et qui contredisent notre constat d’enseignant dans le métier et notre expérience personnelle sur le sujet.. La crédibilité est donc questionnée. Il s’agit simplement d’être factuel et objectif ici.

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