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Harcelée par ses collègues, elle est contrainte de quitter son poste

Madame O, salariée dans une société de service en bâtiment revient sur le harcèlement qu’elle a dû subir, des mois durant, de la part de son employeur et de ses collègues de travail.

L’employeur informé ​par la salariée des conditions de travail qui étaient les siennes en raison de son appartenance religieuse, a alors proposé à celle-ci une rupture conventionnelle. 

Madame O avait eu le réflexe de contacter le CCIF. Accompagnée par notre service juridique, elle a su prouver que le climat dans lequel elle était contrainte de travailler a clairement été la cause de la dégradation de son état de santé mentale et physique.

Début mai 2015, la victime nous a informé avoir accepté la rupture conventionnelle proposée par l’employeur et obtenu une indemnité financière avantageuse. 

Voici son témoignage.

« Je tenais à faire part de mon expérience professionnel au sein d’une société de service en bâtiment.

Dans un secteur où la femme est encore en minorité, il m’a fallu faire face non seulement à des comportements sexistes mais surtout islamophobes.

J’ai été embauchée en CDI en tant que pilote de chantier. Durant ma période d’essai j’ai préféré être claire et sincère avec mon responsable en lui demandant si le port d’un foulard en turban lui posait un souci particulier. Sa réponse a été négative. Je l’ai donc porté en turban mais suite à la demande de mon responsable et par souci de préserver des bonnes relations avec ma clientèle, je le retirais devant le client.

Après 5 mois au sein de la société, mon responsable me convoque afin de soulever un certain nombre de prétendus problèmes survenus sur mon chantier et qui étaient selon mon responsable un frein au bon déroulement des travaux dont j’avais la charge. Cependant, cet entretien et les reproches sur mon travail n’étaient en réalité qu’un prétexte pour orienter son discours sur ma « tenue de travail » et plus particulièrement sur mon turban qui selon lui posait problème auprès de mes collègues, chose qui n’avait jamais été soulevé auparavant par ces derniers.

Mon responsable m’a alors demandé de retirer, et ce devant tous intervenants, mon foulard. Cependant face à mon refus, il a insisté en me demandant d’y réfléchir et que si je comptais le garder, il faudra alors trouver une autre solution en évoquant une éventuelle séparation.

Depuis mon refus de retirer mon turban, j’ai appris par divers collègues et sous-traitants que mon responsable affirmait mon incompétence sur mes chantiers en mon absence, me plaçant ainsi dans une situation inconfortable et biaisant de ce fait mon autorité et la maîtrise des équipes sur mon chantier.

L’attitude de mon employeur et de mes collègues a radicalement changé, d’autant plus lors de mon retour de mon accident de travail. J’ai dû subir des remarques désobligeantes de la part de certains collègues.

Par exemple : « c’est la burqa la prochaine étape ? », « tu te crois au bled avec ce foulard ? », « tiens lis ce document, tu lis bien le coran », « c’est bien mieux que le coran », « si tu passes à la burqa on t’attache au rond-point et on te jette des pierres », « on sait qui est la terroriste ici »…

Lorsque j’ai signalé ces faits à mon responsable, celui-ci m’a dit je cite « faut pas prendre ça au premier degré».

Pour finir, mon responsable m’a accusé à tort d’aller tous les jours à la mosquée du foyer se trouvant au sous-sol de mon chantier pendant mes heures de travail.

Bienheureusement le responsable du foyer où se trouve la mosquée a pu contredire ces propos en affirmant que la mosquée du foyer n’était réservée qu’aux hommes. Le client comme l’architecte m’ont accordé également leur confiance en écrivant un courrier qui prouvait mon sérieux et mon abnégation pour la bonne tenue du chantier et ont eux-mêmes ressenti le manque d’aide et d’encadrement de mes supérieurs.

Après avoir contacté le CCIF et sur leur conseil, j’ai signalé tous les faits par courrier en RAR à la direction avec une totale précision. Après plusieurs échanges de courriers, nous avons convenu d’une date pour un entretien. Le climat dans lequel j’ai eu à travailler pendant plusieurs mois a clairement été la cause de la dégradation de mon état de santé mentale et physiqueDonc après m’avoir proposé une rupture conventionnelle, j’ai accepté sous condition d’une négociation financière.

Une juriste du CCIF, que je remercie amplement, m’a donné toutes les cartes en main pour négocier mon départ. 

Les conseils du CCIF m’ont été d’une grande aide. Une juriste m’a rappelé mes droits en tant que salariée et citoyenne française ainsi que les devoirs de mon employeurLeur soutien m’a permis de me sentir accompagnée et m’a aidé à faire face à mon employeur.

Par-delà la nature bien évidemment islamophobe de ces remarques, subsiste également un ressort clairement sexiste.

Lutter contre l’islamophobie, c’est également lutter contre une forme de sexisme qui considérerait que les femmes sont incapables de faire leur propre choix.

Tout comme Madame O, ayez le réflexe de nous contacter pour faire valoir vos droits. Le service juridique du CCIF saura accompagner chacun(e) d’entre vous qui seront victimes d’actes islamophobes.

Gardez aussi à l’esprit que le CCIF est en mesure de dispenser des conseils juridiques et assister les victimes d’islamophobie grâce à vos dons seulement, alors donnez au CCIFadhérez au CCIF.

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% commentaires (2)

Accuser a tord d’aller a la mosquée pourquoi devoir se justifier devant un employeur d’aller a la mosquée tous les jours ou non ! ce que l’on peut faire pendant sa pause ou en dehors du temps de travail ne le regarde absolument pas. C’est de la violence et du mépris gratuit et lâche.

Courage ma sœur et n’oublie pas dans les invocations contre l’injustice que tu viens de subir.

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