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Trois agressions de femmes voilées en peu de temps

En moins de trois semaines, ce sont trois agressions lâches sur des femmes voilées, seules ou avec leurs enfants, qui ont eu lieu à Saint-Etienne, Toulouse et Aulnay-Sous-Bois.

  • Saint-Etienne : Agressée en présence de sa fille de 11 mois, elle prévient la police qui lui raccroche au nez

Le lundi 2 mars, à Saint-Etienne, Madame X, portait un jilbeb lorsqu’elle a été agressée avec sa fille de 11 mois qu’elle portait dans ses bras. En sortant d’un rendez-vous, elle croise une femme qui lui assène des propos islamophobes « Vous n’avez pas à porter cela ici », « votre tenue me dérange ».  Madame X lui a rétorqué qu’elle n’avait « pas le droit de lui parler comme cela » et qu’elle était dans son droit de porter le jilbeb étant donné que ça ne cache pas son visage. Pour toute réponse, l’agresseure a tiré violemment le bras de sa petite de 11 mois.

La victime a alors appelé la police, qui lui a purement et simplement raccroché au nez! Elle demande à son agresseure de lui donner son nom, bien sûr la femme refuse. Rappelant la police une seconde fois, on lui conseille (enfin) de faire une main courante (à défaut d’une plainte…). Profitant d’un moment d’absence de la femme qui l’a agressée, Madame X parvient à prendre en photo sa plaque d’immatriculation.    

Elle se rend au commissariat pour porter plainte. La police l’en dissuade en lui assurant que « ce n’est rien de grave » et qu’ »une main courante serait suffisante ». Inquiète quant à l’état de traumatisme dans lequel se trouve sa fille, madame X l’emmène chez le médecin et décide de porter plainte avec le certificat médical à l’appui.

Suite à sa plainte, la police l’a appelée et l’a informée que l’agresseure avait été auditionnée et qu’elle avait donné une version différente des faits. On lui a alors proposé une confrontation avec cette dernière.

La lâcheté de ces agresseurs s’exprime régulièrement par, au mieux, une minimisation des faits, au pire, un déni des faits. 

Nous avons été contactés par la victime. Nous suivons de près ce dossier, et nous comptons écrire au parquet de Saint-Etienne afin que tous les moyens soient déployés en vue de la manifestation de la vérité dans cette affaire.

  • Toulouse : Agressée par deux individus alors qu’elle venait de déposer ses enfants à l’école

Mardi 24 mars, Madame Y, enceinte de huit mois et demi, a été très violemment assaillie par un individu, accompagné d’un autre individu, alors qu’elle venait de déposer ses enfants à l’école. Alors qu’elle reprenait son chemin, l’homme lui a agrippé les cheveux en tentant d’arracher son voile tout en l’insultant de propos clairement islamophobes « pas de ça chez nous ! ». La suite est horrible. L’agresseur lui a porté plusieurs coups et  aurait même sorti un couteau. « Arrêté » par le second individu, l’agresseur s’acharnera une dernière fois sur la victime en lui assénant des coups et des insultes supplémentaires, dont des menaces de mort.

Les deux agresseurs se sont enfuis. La victime est restée un moment seule et extrêmement choquée. Elle a reçu de nombreux coups. Elle sera prise en charge par les pompiers et hospitalisée. Fort heureusement le bébé n’a rien. Madame Y est psychologiquement très touchée. L’antenne de Toulouse du CCIF s’est mise en contact avec la victime. Notre service juridique est en charge du dossier.

  • Aulnay-Sous-Bois : On lui arrache son foulard, encore une fois la police refuse de prendre sa plainte

Jeudi 26 mars, Madame Z, parent d’élève, s’est tout bonnement fait arracher son foulard. A 11h30, à l’heure de la sortie de l’école, elle est prise à partie verbalement. Cela ne suffit pas à son agresseur, lui aussi parent d’élève, qui la dévoile brutalement au point de lui arracher des cheveux et de jeter son foulard par terre.

Une nouvelle fois, le commissariat de police a refusé de prendre la plainte de la victime sous prétexte qu’elle ne s’est pas fait frapper, n’a « pas reçu de coup de poing« . Une bien curieuse façon de concevoir une agression… Ce commissariat attend-il des agressions qu’elles soient encore plus violentes pour décider d’agir ?!

Le pôle juridique du CCIF vient d’intervenir auprès du commissariat pour que Madame Z puisse au plus vite enregistrer sa plainte. Là encore, nous suivons de près ce dossier.

  • Expression d’une vive inquiétude

Pendant ce temps, et alors que nous traversons une explosion des actes islamophobes depuis janvier 2015, le premier ministre préfère parler « d’Islamo-fascisme » et refuse toujours le terme « d’islamophobie ».

Nous le répétons, la violence du discours institutionnel et médiatique enracine le terreau d’une violence qui s’exprime dans la société française. Il est de la responsabilité du gouvernement de reconnaître, enfin, la gravité de cette islamophobie galopante, et de prendre les mesures qui s’imposent pour l’enrayer.

Il est extrêmement choquant que la Police ait refusé purement et simplement de prendre deux des trois plaintes. Nous avions déjà, par le passé, dénoncé l’odieuse promptitude de certains services de police à refuser de prendre les plaintes des victimes d’islamophobie au motif que ce ne serait « pas grave ». C’est intolérable et extrêmement préoccupant.

Plus que jamais, le CCIF ne lâche rien de son combat et de son travail auprès des victimes.

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% commentaires (4)

Bonjour,
La question est que faire face à cette situation, les médias ne relaient jamais les actes islaophobes, ou s’ils en parlent c’est en les minimisants.
Nous n’avons pas accès aux plateaux de télévision.
Le CFCM est muet, il ne condamne pas assez ce type d’actes, son silence devient assourdissant.
Nous n’avons plus le droit de nous taire et d’attendre que les choses s’arrangent. Pour ma part je suis convaincue qu’elles ne feront qu’empirer. S’indigner c’est bien relayer l’info c’est super mais donnons nous un vrais moyen d’agir adhérons en masse au CCIF, donnons leur les moyens de nous défendre c’est le nombre d’adhérents qui fera leur force et nous rendra audible. Il faut imposer cet organisme , personnellement j’ai fait mom choix je refuse d’être représentée par un organisme qu’on m’aura imposé.

Donnons nous les moyens d’agir.
Une association comme le CCIF devrait pouvoir compter sur plus d’un million

Quel honte en plus en présence de leur enfant.

Salam
Certains commissariats ne veulent pas faire leur boulot, aller faire votre demarche auprès d’une gendarmerie. Ce n’est pas le même fonctionnement et surtout le même professionnalisme !
Bon courage.

A finir par penser que notre police nationale accepte les plaintes d’un(e) Juif ou d’un(e) Athée même lorsqu’elles sont imaginaires et refusent les plaintes d’un(e) Musulman même s’il a toutes les preuves…

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