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L’examen de la proposition de loi des radicaux repoussé à mai

Il y a deux semaines, le CCIF avait lancé une large mobilisation contre la proposition de loi remise à jour par le parti radical de gauche. Alors que cette proposition de loi devait initialement être discutée demain Jeudi 12 Mars, la discussion a finalement été reportée au 11 Mai prochain.

Depuis, le CCIF n’a pas été seul à pointer du doigt la profonde injustice que représente ce projet législatif.

L’Observatoire de la laïcité (organisme placé auprès du Premier Ministre), la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le groupe d’information et de soutien des immigrées (GISTI), Edwy Plenel (pour ne citer que lui), tous ont un point en commun : ils ont dénoncé l’anti-constitutionnalité de la proposition de loi exhumée par le parti radical de gauche (PRG).

Dans un communiqué, Jean-Louis Bianco, président de l’observatoire de la laïcité, a tout simplement dénoncé l’atteinte aux droits fondamentaux que représenterait l’adoption d’une telle loi.



Il a également révoqué tout argumentaire qui viserait à s’orner des lettres de « neutralité religieuse » alors qu’en vérité, cette proposition de loi ne sert qu’à assouvir les desseins islamophobes de ses partisans. S’adressant aux journalistes de libération, il déclare que ce texte « donne l’impression d’une laïcité d’interdiction et disons les choses d’une laïcité anti-musulman, car cette neutralité, ne racontons pas d’histoires, vise le voile et pas autre chose ».

L’ancien secrétaire général de l’Elysée a en outre jugé « paradoxal qu’on puisse envisager d’adopter cette proposition alors qu’elle figure dans le programme du Front national pour les élections départementales. »

Pour le groupe d’information et de soutien des immigrées (GISTI), c’est toute la classe politique qui, depuis les attentats de janvier, ont « crié haut et fort qu’il fallait se garder de tout amalgame » et qui maintenant perçoit comme essentiel de « légiférer, une fois de plus, sur des pratiques liées à l’Islam » qu’il faut pointer du doigt.

 Alors que tous les responsables politiques ont crié haut et fort après les attentats de janiver 2015 qu’il fallait se garder de tout amalgame et ne pas rejeter sur les musulmans de France la responsabilité des attentats terrorristes, voilà que les uns et les autres mettent aujourd’hui en avant la nécessité de légiférer, une fois de plus, sur des pratiques liées à l’islam en proscrivant le port de tenues et de signes religieux.

La stigmatisation des musulmans au nom d’une conception falacieuse de la neutralité religieuse contribue à accroître les phénomènes de relégation et les fractures au sein de la société. On ne peut tolérer que l’Etat crée sans cesse de nouvelles discriminations alors qu’il prétend vouloir les combattre.

Quant à Edwy Plenel, fondateur du pure-player Médiapart et ancien membre de la direction éditoriale du journal Le Monde, c’est la duplicité du discours de Manuel Valls qu’il met à l’index :

Tout est dit.

Des députés ont également élevé leurs voix contre cette proposition de loi. Razzy Hammadi, député PS de la 7ème circonscription de la Seine Saint-Denis est monté au créneau ce Lundi en postant un message sans équivoque sur Twitter.

Nous pouvons aussi l’affirmer car le CCIF a eu des retours positifs de la part de députés durant notre campagne de mobilisation. Ce résultat, c’est avant tout grâce à votre mobilisation : des personnes ayant contacté leur député se sont vu proposer des rendez-vous pour discuter de la proposition de loi. Si nous vous demandons de vous mobiliser massivement de cette manière, c’est parce que nous savons que cela porte ses fruits.

Le CCIF se félicite de cette première réussite.

Toutefois, le CCIF est conscient que la discussion à l’assemblée nationale de cette proposition de loi n’est pas enterrée mais que reportée à nouvelle échéance. Nous ne sommes pas naïfs et nous tenons à l’affirmer : Jamais nous nous résignerons face à cette proposition de loi.

Dans deux mois, à cette proposition de loi, nous lui donnons rendez-vous, et, tous ensemble, nous feront front, coûte que coûte, pour que jamais une loi porteuse d’une telle discrimination puisse fouler le sol de notre république. Vigilance et détermination : On ne lâchera rien !

Nous ne sommes pas seuls, mais encore faut-il que nous apprenons à nous mobiliser tous ensemble. Le CCIF ne peut agir seul. La balle reste dans votre camp.

Dans les prochains jours, nous reviendrons vers vous pour vous indiquer la marche à suivre.

Ensemble, nous sommes plus forts !


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