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La violence symbolique d’une exclusion illégale

De toutes les discriminations dont le CCIF a connaissance, le cas des mamans voilées exclues de la vie scolaire de leurs enfants est sans doute le plus déchirant.

Pour la mère comme pour l’enfant, la situation est humiliante, blessante et profondément injuste.

Prenons le cas de cette mère en région parisienne, récemment refusée d’une sortie d’école dans des conditions limite inhumaines.

Une sortie au cinéma est prévue pour la classe de son fils un vendredi de juin. La mère se propose plusieurs semaines en amont et l’école accepte sans problème. Le jour de la sortie, une fois arrivée sur place, la maîtresse prend la mère à part. Elle s’excuse de ne pas l’avoir prévenue plus tôt, mais « ils » ont un problème avec sa tenue vestimentaire. Son voile, donc. La maîtresse, qui ne doute de rien, demande à la mère si lui est possible de retourner chez elle… pour mettre une casquette. La maman, bien entendu, refuse.

Elle est donc contrainte d’expliquer à son fils qu’elle ne pourra pas participer à la sortie scolaire. Comme ça, à l’école, au dernier moment, devant tout le monde.

Le directeur de l’école les rejoint et s’excuse. Il dit avoir des recommandations très strictes. Comme d’habitude, l’équipe pédagogique est prise en otage par une hiérarchie qui les pousse voire les force à prendre des décisions injustes et discriminatoires, qui les mettent en porte-à-faux avec les parents d’éléves. Et qui les mettent, de manière générale, très mal à l’aise.

Les enfants partent pour la sortie. Une grosse partie du chemin pour aller au cinéma est la même que pour rentrer au domicile de la mère.

La maman doit donc marcher sur le trottoir d’en face, ne pouvant s’approcher du groupe. Comme une pestiférée. Son foulard, qui dérange tant, est-il moins dérangeant quand il est sur le trottoir d’en face? Sa présence est-elle moins « encombrante » quand elle est sur le trottoir d’en face?

Parce qu’en attendant, son fils, lui, un petit garçon qui ne saisit pas ce qui se joue-là, l’appelle et lui fait des signes, sans comprendre pourquoi elle ne se mêle pas au groupe. Comment va t-il se construire ce petit garçon, en repensant à cette image? Quelle opinion va t-il avoir de l’école, de sa maîtresse qui laisse sa maman à l’écart comme ça sans rien dire? Quelle image les autres enfants vont-ils retenir? Qu’une femme voilée n’a pas sa place avec eux, à l’école, dans la société?

Est-ce vraiment cela que nous voulons transmettre à nos enfants, dans l’école républicaine? Se comporter comme au temps de l’apartheid, où les Noirs n’avaient pas le droit de marcher sur les mêmes trottoirs, ou de s’assoir sur les mêmes bancs que les Blancs?

C’est donc une mère au coeur lourd qui est rentrée chez elle, après avoir dû rester à l’écart de son enfant juste parce que ses convictions personnelles « gênent » l’éducation nationale. On n’a même pas pris la peine de la prévenir à l’avance… Et quand bien même, l’exclusion n’en est pas moins discriminatoire et illégale.

Le CCIF suit donc cette affaire de près, comme tous les autres cas – extrêmement nombreux – de mères voilées exclues des sorties scolaires.

Crédit photo: Shutterstock

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% commentaires (2)

surement, un règlement qui accepte une casquette et refuse un voile est discriminatoire et peut être présentée à la cour européenne des droits de l’homme?

Wallahi c est une honte! Jusqu ou vont ils aller avec leurs lois islamophobes. Wa laa tarda anka al-yahudu wa al- nasaari hatta…

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