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Manuel Valls, chef du nouveau gouvernement

Dans le cadre du remaniement gouvernemental décidé après la débâcle des socialistes aux dernières municipales, le président François Hollande a nommé Manuel Valls au poste de premier ministre.

Valls est donc depuis mardi 1er avril le chef du nouveau gouvernement. Et cette décision ne risque pas d’apaiser les tensions tant l’ancien ministre de l’intérieur est connu pour accumuler les dérives et prises de positions plus que tendancieuses au sujet de l’insécurité, de l’immigration et de l’Islam. Des sujets devenus pour lui au centre des priorités dans la politique qu’il menait en tant que ministre de l’Intérieur, et ayant donné lieu à des déclarations qui ont suscité de vives polémiques et critiques.

« Le plus à droite des hommes de gauche » n’a, semble-t-il, pas volé sa réputation tout autant que la comparaison qui le marie à Nicolas Sarkozy dans son style provocateur et ses déclarations stigmatisantes.

Tout porte à croire, en effet, que le nouveau premier ministre a un problème avec certaines minorités dont les cultures et religions ne semblent selon lui pas en conformité avec les valeurs républicaines.

Tout le monde se souvient de la politique anti-Roms qu’il a conduite, prolongeant ainsi la politique de droite menée depuis plus de dix ans et ses propos sans détour au sujet de leur « modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ».

Comment oublier également ses propos tenus alors qu’il était filmé à son insu au marché d’Evry en 2009, alors Maire de la ville, où juste après avoir serré la main d’un citoyen d’origine maghrébine, il déclara à propos de la présence qu’il jugeait excessive de gens de couleur: « Belle image de la ville d’Evry…tu me mets quelques blancs, quelques white, quelques blancos« .

Mais c’est sans doute au sujet de l’Islam que Valls s’est focalisé en se montrant très combatif et méprisant cachant bien mal des positions personnelles qui ne peuvent sûrement plus convenir à la fonction qu’il occupe dorénavant. 

Et c’est en particulier en faisant du port du voile un combat personnel et singulier que Valls a affiché son acharnement.

Alors ministre des Cultes, il a déclaré le 7 février à l’antenne d’Europe 1 : « Le voile qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont doit rester pour la République un combat essentiel« . Il avait déjà auparavant révéler ses positions: il avait voté en 2004 pour la loi qui interdit le port des signes religieux à l’école. En 2010, il avait été l’un des seuls élus de gauche à voter pour celle qui interdit la dissimulation du visage dans l’espace public. Et il avait, d’ailleurs, surtout et gravement  violé son devoir de réserve pour critiquer une décision du « Juge du droit » dans l’affaire de la crèche Babyloup. Une violation de la séparation fondamentale des pouvoirs pour soutenir, tout simplement, le licenciement d’une employée parce qu’elle portait le voile. 

Une posture d’autant plus choquante qu’elle s’inscrit dans un rapport plus qu’ambiguë au religieux et une dénonciation à géométrie variable de certaines pratiques religieuse, fustigeant le port du voile et rassurant les citoyens juifs quant à son soutien pour préserver leur liberté de porter la Kippa en déclarant en septembre 2012: »Les juifs de France peuvent porter fièrement leur kippa ». L’inégalité de traitement est flagrante, choquante, et tout à fait symptomatique d’un deux poids deux mesures dont Valls est coutumier.

Le CCIF s’inquiète vivement de cette nomination qui ne manquera de diviser bien au-delà du seul camp des socialistes l’ensemble de la communauté nationale que le 1er ministre est justement censé servir.

Le CCIF met également en garde contre les risques liées à une telle nomination en termes non seulement de symbole mais aussi et surtout en termes de menaces qui pourraient peser encore davantage sur le respect des valeurs républicaines et en particulier la liberté religieuse dont doivent, aussi, jouir les citoyens de confession musulmane en France. Le CCIF espère donc que le nouveau premier ministre décidera de se montrer à la hauteur de sa nouvelle fonction en étant le premier ministre de  tous les français et leur garantissant un traitement égalitaire tant dans ses déclarations que dans l’action politique du gouvernement qu’il conduira.

© Crédit photo : Shutterstock

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