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Laïcité au Québec: Hollande vante l’interdiction des signes religieux

Dans le cadre d’une rencontre avec la première ministre québécoise, Pauline Marois, reçue mardi 17 décembre à l’Elysée, F.Hollande a fait un éloge remarqué de la laïcité à la française.

Il a en effet affirmé que l’interdiction des signes religieux était souhaitable à l’école. Plus précisément, il a estimé que l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’Etat et les élèves qui fréquentent l’école publique avait permis d’apaiser les tensions en France:
« Nous en avons fait l’expérience, a-t-il poursuivi. Nous avons fait cette loi, qui existe depuis 2004 et qui a été pleinement acceptée, et qui aujourd’hui n’est pas rediscutée. »

Une expérience qui renforce la volonté de la première ministre qui espère bien bannir les signes religieux dans l’ensemble de la fonction publique et en particulier dans l’éducation et la santé.
« On nous a dit que les résultats obtenus ici, ce que vous a dit M. Hollande étaient bons; alors moi, ça m’inspire », a-t-elle déclaré. 

Mais en septembre dernier, le gouvernement québécois s’était déjà heurté aux critiques des défenseurs du pluralisme et de la tolérance au moment du lancement de la « Charte des valeurs » de la Province qui avait vocation à promouvoir la laïcité. 

Si l’extension géographique du principe de laïcité entendu comme liberté de conscience et respect de la tolérance ne peut qu’être encouragée, on doit regretter et s’inquiéter de constater aujourd’hui que c’est son instrumentalisation, son interprétation falsifiée et son application discriminatoire qui semblent être sur le point de dépasser les frontières hexagonales.

Si la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’école apparaît pour F.Hollande comme « pleinement appliquée et pleinement respectée », force est de constater les nombreuses critiques passées et récentes émises à l’encontre de cette loi discriminatoire et stigmatisante à l’endroit des musulmanes voilées et les dérives en termes d’excès de zèle de certains chefs d’établissements allant encore plus loin dans l’exclusion systématique, arbitraire et illégale de certaines filles.

Cette loi a ainsi banalisé des pratiques très excluantes de certains enseignants et chefs d’établissements. On compte par exemple un nombre croissant d’exclusions scolaires motivées par la longueur jugée excessive des jupes, des robes, des tuniques ou encore par le port de bandeau. Le cas de Sirine, mise en quarantaine par une principale peu scrupuleuse pendant trois mois avant d’être exclue de son collège par le conseil de discipline à cause d’un bandeau et d’une jupe jugée trop longue en est une tristement bonne illustration. En plus de certains actes, c’est aussi la parole islamophobe que cette loi a eu vocation à décomplexer. Sous couvert du principe de laïcité, c’est un autre type de prosélytisme qui semble s’installer dans ces « sanctuaires laïcs »: un prosélytisme anti-voile, anti-religieux, et ultra-laïc qui sévit en toute impunité ni complexe.

 

Cette loi n’a donc en rien apaiser les tensions, bien au contraire… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les auteurs d’un rapport remis récemment au gouvernement ont qualifié cette loi de « discrimination légale » et ont proposé de la supprimer dans un souci d’égalité et dans le but de refonder l’intégration. 

Des critiques et des controverses encore vives donc après près de dix ans d’application. Des oppositions et un malaise que le président se garde bien de préciser… 

Le CCIF tient à exprimer son inquiétude devant ce risque de diffusion internationale de lois et de pratiques discriminatoires via l’exportation regrettable d’une vision détournée de la laïcité qui si elle se généralisait, révélerait encore plus directement une idéologie nauséabonde des gouvernements, fortement liée à celle du choc des civilisations et qui constituerait une menace au vivre ensemble dans de nombreux pays où le respect de la diversité est pourtant un acquis socio-historique fondamental et garant de la cohésion sociale.

                                                        j'agis, j'adhère, je donne 

                                                         appli CCIF contre l'islamophobie

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% commentaires (2)

Cette loi ne fait que renforcer le communautarisme, en effet combien de jeunes filles ont arrêté leur étude et restent chez elles depuis cette loi, ils pensent qu’il leur est possible de créer une population sans religion, qui acceptera tous les mensonges des médias, qui achètera ce qu’ils veulent qu’elle achète, alhamdoulilah notre seigneur est le meilleur en stratège

Il y a des arguments sérieux en faveur de cette loi. Mais, pour moi, elle donne à l’état des responsabilités qui devraient être réservées aux parents. Une solution possible : les musulmans qui le veulent donnent la partie de leurs impôts qui va à l’éducation a une un système d’éducation qui permet le port du voile?

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