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Quand la charte de la laïcité devient le prétexte pour exclure

Depuis l’instauration d’une charte de la laïcité dans les établissements publics visant à rappeler les règles d’une laïcité qui s’est définie comme stigmatisante et discriminatoire, le bureau du CCIF reçoit un nombre inquiétant de mères d’élèves musulmanes qui, sous prétexte de l’existence de cette charte, sont injustement mises à l’écart du système éducatif de leurs enfants.
En effet, ce sont des mères qui parce qu’elles portent le foulard se voient refuser l’accompagnement aux sorties scolaires, la participation aux réunions parents-professeurs voire parfois même l’accès à l’établissement scolaire de leurs enfants. Ce qui est intolérable c’est que bien souvent cette nouvelle charte est interprétée par les chefs d’établissements et le personnel éducatif comme un moyen de pression légitime et légal pour refuser à ces femmes l’exercice de leurs droits de parents d’élèves.
Le CCIF tient à insister lourdement sur le fait que cette charte n’a aucune valeur juridique et qu’il est tout à fait inacceptable que des mères de famille soucieuses de la réussite de leurs enfants et souhaitant participer à la vie éducative de l’établissement soient rejetées en raison de leur appartenance religieuse.
Lorsqu’on lit  sur le site de l’Education nationale : « les parents sont des membres à part entière de la communauté éducative », on se doit de rappeler que tous les parents sont des membres à part entière de la communauté éducative sans distinction de race ni de religion.
La charte semble donc bel et bien confirmer son caractère discriminatoire à l’endroit des musulmans. 

Les conseils du service du juridique :

Pour les mamans qui souhaitent se rendre disponible pour une sortie scolaire, nous vous conseillons :

-De proposer votre candidature le plus tôt possible (sortie scolaire annoncée)

-De formuler votre demande par écrit dans le cahier de liaison de votre enfant

-En retour vous devez recevoir une réponse par écrit de l’enseignant(e) ou du responsable d’établissement

-Si ce n’est pas possible, faites-vous accompagner par un ou deux témoins puis demander à l’enseignant(e) si votre candidature a été retenue.

-Les témoins pourront ainsi attester du refus et de son motif, si la réponse est négative

-Une fois le refus notifié, contactez immédiatement le CCIF

 

 

                                                                           j'agis, j'adhère, je donne

                                                                        

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% commentaires (6)

Salem aleikhoum, je tiens a vous remercier de votre aide qu’Allah vous protège, quel soulagement! El ramdoulileh

Selon l’avocat Gilles Devers, cette charte va même à l’encontre du droit:

Car le droit, ce n’est plus la loi de 2004, c’est la décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU du 4 décembre 2012, (n° 1852/2008), pour violation de l’article 18 du Pacte des droits civils et politiques.
La France a ratifié le Pacte et ce faisant, elle s’est engagée à le respecter. Dans sa décision du 4 décembre 2012, le Comité des Droits de l’Homme a dit qu’un élève sikh ne peut pas être exclu d’un lycée pour le seul motif qu’il porte « des signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse ».
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/09/10/laicite-la-charte-peillon-deja-en-sursis-881313.html

Selon G. Devers, la loi de 2004 est abrogée de fait. Est-ce vrai? Si une élève se fait exclure du lycée pour port de voile, peut-elle attaquer en justice et gagner?

le slogan  » liberté , égalité , fraternité » s’est « enrichi » d’un nouveau terme  » laïcité » !!!!
il est intéressant de remarquer que les 3 premières donnent des droits au citoyen; tandis que dans cette fameuse charte la laïcité ne donne aucun droit, bien au contraire elle vient restreindre les droits que les 3 premières accordent au citoyen !!!!

donc cette charte est un déni de la liberté, l’égalité et fraternité si chères aux citoyens!!!!

Je tiens à remercier fraternellement le CCIF pour son soutien concernant les questions de droit des minorités religieuses.
Notre inspecteur d’academie a communiqué « officieusement » d’interdire aux mamans voilées d’accompagner les endants en cas de sortie educative (y compris des mamans qui sont les plus impliquées). Cela a eu l’effet d’une claque, beaucoup de mamans en ont pleuré car se sentant rabaissée au rang de « maman de 2nde zone ».
Grace aux conseils du CCIF, nous avons protesté paisiblement et respectueusement (des lois et des personnes). Cela a eu comme consequence un retrait de cette consigne qui ne reposait sur aucun fondement. QUEL SOULAGEMENT

On se rend compte que si nous ne sommes pas attentif, les droits des minorités sont bafoués.

Encore merci

Aujourd’hui il est plus que temps et même vitale pour les musulmans d’ouvrir des écoles privées ou nos enfants pourrons vivre leur scolarité en adéquation avec leurs convictions à l’instar des juifs et des catholiques.

J’ai beau relire la Charte de la la Laïcité je ne vois pas sur quel article un chef d’établissement pourrait s’appuyer pour refuser l’entrée d’un établissement à une mère d’élève dite « voilée ».
Le texte est clair, mesuré et développe finalement les deux principes de la Loi de 1905 :
Article 1
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
Article 2
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

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