BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Argenteuil: Indifférence et silence des médias

Mise à jour de l’article: 01 juillet 2013

Suite au décès du bébé de Leila après sa violente agression à Argenteuil, le CCIF impute à certains médias une partie de la responsabilité dans le déni généralisé de l’islamophobie en France. Le traitement médiatique de l’attaque contre Leila est symptomatique.  D’abord  relayée comme un trivial fait divers, minimisée, écartée des grandes « Unes »,  la victime a été peu à peu traitée comme une affabulatrice alors même que son témoignage était cohérent depuis sa première audition.

 

Femmes musulmanes agressées à Argenteuil chaine ccif : ccif

Certains grands journaux, par l’absence d’enquêtes sérieuses et la minimisation des faits, se sont rendus complices de la  réaction officielle inexistante alors même qu’ils auraient dus s’abattre sur cette tragédie, dénoncer le silence béat des responsables politiques et saisir l’occasion d’encourager un sursaut citoyen contre le fléau islamophobe.

 

Ce consensus médiatique pour déconsidérer la violence de l’agression, son caractère islamophobe, et plus généralement pour minorer l’explosion des actes islamophobes, est lourd de conséquences pour les citoyens de confession musulmane. Au lieu de dénoncer la haine des auteurs de cette attaque, au lieu de pointer la lâcheté de ces individus, au lieu de s’émouvoir de cette jeune femme de 21 ans et de la mort de son bébé,  les journalistes n’ont eu de cesse de minimiser cette affaire et ont prouvé, de cette manière, l’irresponsabilité coupable de certains d’entre-eux . Et ce au mépris de toute déontologie qui tient pour les plus graves dérives professionnelles : la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge et la non vérification des faits…

C’est pourtant bien ce qui s’est déroulé, l’utilisation du conditionnel et les hésitations sémantiques était déjà lourdes de sous-entendu et marquaient, dès les premiers articles, les réticences à relayer la réalité des faits. Pour le Point du  13/06 : « Une femme voilée aurait été agressée à Argenteuil », il s’agissait d’une « agression présumée » et d’une « victime présumée», une jeune femme qui  « aurait  dit être enceinte » aux enquêteurs, un récit qui présentait « des « incohérences »». Le scepticisme provoque l’incompétence puisque les sources n’ont, sans aucun doute, aucunement été vérifiées.  Un détournement de l’image avec la photo d’une femme en niqab pour illustrer les articles du Point lorsque la mère qui a perdu son bébé à Argenteuil  alors qu’elle porte le jilbeb, vêtement qui ne dissimule pas le visage.
Et au-delà de ce défaut de rigueur, les réactions occasionnées par ces articles sur les différents sites du Point ou du Parisien n’en sont que plus insupportables, certains justifiant l’agression d’une femme voilée et d’autres appelant à la vengeance contre les musulmans argenteuillais après l’altercation entre police et citoyens suite à l’interpellation violente d’une femme en niqab.

La couverture médiatique n’a, en somme, pas été à la hauteur de la gravité de la situation. La condamnation aurait du être sans concession et sans ambage. Un journalisme de « meute », beaucoup moins circonspect, s’est pourtant distingué lors de canular comme celui du RER D du 9 juillet 2004 où, dès le lendemain, le faux témoignage est parvenu jusqu’au cabinet du 1er Ministre. Le jour même de cette fausse agression, un communiqué du gouvernement et une réaction du Président. Dans les médias, on parlera d’agression particulièrement sauvage (Europe 1), d’une effroyable agression antisémite (France Inter),de l’ignoble agression dans le RER D (Une du Parisien), de terrible agression antisémite (France 2), et encore de calvaire, de cauchemar,  d’une France qui « a peur »… un déferlement médiatique unanime pour alimenter une terrible désinformation (voir l’excellent dossier : http://www.acrimed.org/article1707.html).

 

Quoiqu’il en soit, le CCIF accuse le deux poids deux mesures pratiqué par une large part des médias révélant ainsi un profond mépris pour une partie des citoyens, et bloquant inévitablement la prise de conscience contre l’islamophobie.

Le CCIF appelle à un respect impérieux de l’éthique professionnelle des journalistes surtout lorsque ceux-ci par leurs manquements nourrissent l’islamophobie galopante.

% commentaires (3)

A qui a été envoyé cet article? aux médias le ccif A t’ il envoyé un courrier au gouvernement?Quelles sont les prochaines étapes pour le ccif?Car franchement l’heure est grave etre méprisés à ce point est vraiment insupportable.

Salam alikoum, certes ils ont leur médias, leur propagande et leur politiques, mais nous avons Allah azza wa jal avec nous El Hamdolilah, Celui qui nous a créé et qui les a créé, Celui vers qui eux et nous retourneront, certes ça fait mal au coeur toutes ces agressions envers nos soeurs, certes nous subissons cette injustice au niveau du traitement médiatique et politique, mais viendra un Jour où leur injustice, leur haine, et leur mépris envers les musulmans, ils auront des comptes à rendre dessus.
El Hamdolilah

AMINE Jean Baptiste…

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.