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Marine Le Pen, une citoyenne au-dessus des lois ?

Marine Le Pen, présidente du FN et députée européenne, pourrait bien perdre prochainement son immunité parlementaire.

En effet, la Commission des affaires juridiques du Parlement européen s’est prononcée, ce samedi 1er juin en vote à huit clos, pour la levée de son immunité parlementaire.

Ce vote fait suite à la plainte avec constitution de partie civile pour « provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion », déposée le 31 janvier 2011 par le CCIF et qui a déclenché l’ouverture d’une information judiciaire.

 La présidente du FN a en effet tenu, lors d’un discours prononcé au cours d’une réunion de militants du Front National à Lyon le 10 décembre 2010, les propos suivants :

Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique (…) maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires (…)

Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire (…)

Certes y’a pas de blindés, y’a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants».

Ces propos, sous couverts de liberté de parole et de débat politique, désignent à la vindicte populaire un groupe de personnes à raison de leur appartenance à la religion musulmane, en suscitant la crainte, l’hostilité à leur égard par référence à une occupation du territoire national, mais pas n’importe laquelle puisqu’elle serait comparable à l’occupation nazie !

De plus, ils ont été prononcés dans un cadre public et ont été repris par les médias nationaux, devenant ainsi accessibles à tout-es les citoyen-ne-s.

En déposant plainte et en se constituant partie civile, le CCIF dénonce et rejette ce genre de discours politique extrémiste et haineux qui ne fait qu’attiser l’animosité entre les citoyen-ne-s.  Quelque soit le parti ou la mouvance politique, nous refusons la banalisation des propos islamophobes, qui de l’avis même de la CNCDH, sont particulièrement nocifs à la cohésion sociale.

Suite au dépôt de plainte, le juge d’instruction a convoqué Mme Le Pen afin qu’elle réponde à ses questions, laquelle ne s’est jamais rendue à la convocation, se soustrayant ainsi aux lois de la République, qu’elle est pourtant si prompte à défendre lorsqu’il s’agit des autres.

Le Parlement européen décidera, en séance plénière, au début du mois de juillet du sort de la présidente du FN. Le vote de la Commission des affaires juridiques du Parlement n’a qu’une valeur de recommandation. Cela dit, il lui a été défavorable de manière écrasante et le CCIF a bon espoir qu’il soit validé définitivement par le Parlement européen.

Le CCIF demande que Mme Le Pen se considère tout simplement comme une citoyenne de ce pays, qui, comme tout le monde, doit rendre des comptes lorsqu’elle s’attaque de cette manière à ses concitoyen-ne-s.

Si l’immunité parlementaire de Marine Le Pen est officiellement levée, elle devra, elle aussi, se présenter devant la justice. 

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