BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Des étoiles de David taguées sur 2 mosquées

Ce week-end, deux mosquées de Besançon (Doubs) ont été victimes de dégradations. Avec celle d’Ozoir-la-Ferrière, ce sont donc trois mosquées qui ont été taguées en deux jours

A Besançon, ce ne sont pas des croix gammées mais des étoiles à six branches qui ont été dessinées sur les lieux de culte : dans la nuit de vendredi à samedi, une étoile de David a été taguée sur un mur de la mosquée El-Fath. Et dans la nuit de samedi à dimanche, le même symbole a été découvert sur la mosquée As-Sunna. Les responsables des lieux de culte ont annoncé qu’ils allaient porter plainte « contre cet acte de provocation et d’imbécilité », et la police s’est rendue sur les lieux pour constater les faits.

Parmi les mosquées vandalisées dans les derniers mois, on en compte un nombre important dans l’Est de la France : en janvier à Contrexéville (Vosges), en décembre à Tomblaine et en septembre à Vandoeuvre-les-Nancy (Meurthe-et-Moselle). On note qu’à Vandoeuvre, ce sont des étoiles de David, des inscriptions en hébreu et le sigle de la LDJ (Ligue de Défense Juive), qui avaient été peintes sur les murs.

La LDJ a publié aujourd’hui un communiqué sur son site internet, sous le titre « Provocations contre la LDJ ». Le titre est surprenant : on aurait pu penser que ces dégradations de lieux de culte musulmans visaient… les musulmans, mais à en croire la logique de la LDJ, lorsqu’une mosquée est taguée c’est en réalité elle qui est visée. Les auteurs ? Toujours selon le communiqué de la LDJ : « évidemmment il s’agit là d’une provocation soit de néo-nazis, soit d’islamistes radicaux ».

De la part d’une organisation considérée comme « terroriste, violente et extrêmiste » par le FBI, qui est même interdite en Israël (mais dont les actes violents et les propos racistes sont toujours restés impunis en France), il n’y a pas de quoi s’étonner. Mais lorsque de telles allégations sont reprises par les forces de l’ordre et les médias, on peut se poser des questions :  Joël Mathurin, secrétaire général de la préfecture du Doubs, affirme que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée ». Plusieurs articles de presse invitent à la « prudence sur la nature islamophobe de l’acte », et relatent, de source policière, que « la piste d’un fidèle mécontent » n’est pas exclue.

On a ici un nouvel exemple du traitement journalistique des cas d’islamophobie qui, souvent, laisse entendre que la victime est suspecte, légitime les passages à l’acte islamophobes ou en minimise la gravité. Nombreux sont en France ceux qui continuent à nier la réalité et l’ampleur de ce fléau qui pourtant n’en finit pas de s’étendre.

Articles associés

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.