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5 agents pour interpeller une femme en niqab

La loi interdisant la dissimulation du visage est entrée en vigueur il y a quelques mois. Une interdiction qui, selon  le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe « risque d’aggraver l’exclusion des femmes au lieu de les libérer ».

Conséquence directe de cette loi et du débat qui l’a précédé; des femmes portant le voile intégral se voient stigmatiser, agresser parfois, du fait de leur tenue vestimentaire.

 

Ce week-end, à proximité de la gare d’Aulnay-sous-Bois, H., une jeune femme âgée de 32 ans, a été interpellée par la police. Cette interpellation, filmée par un passant, laisse perplexe quant aux méthodes employées par les forces de l’ordre : 5 agents ont menotté la jeune femme avant de l’embarquer. 5 agents, pour une femme visiblement inoffensive et non-armée.

Voici son témoignage:


Ce dimanche 31 juillet 2011 vers 18h, mon amie et moi marchions paisiblement en direction de la gare d’Aulnay sous Bois. Arrivées près du parking de la gare, une voiture de police s’arrête à notre niveau et le policier me crie: « retires moi ça, c’est interdit!!! » je rétorque que parmi mes droits, je peux m’habiller comme je l’entends. Il ajoute: « est-ce que vous voulez que je vous contrôle ? « , je réponds que cela ne me dérangeais pas. Chose qu’ il n’avait sans doute pas apprécié.

 

Lui et ses deux collègues policiers descendent du véhicule et là commence un dialogue de sourds. Le même policier me rappel qu’il est interdit de dissimuler mon visage et je lui réponds que j’ai le droit de pratiquer ma religion comme je l’entends que ce soit dans un espace public comme privé. Une autre voiture arrive et trois policiers dont une femme, en sortent. La femme s’approche de moi en enfilant une paire de gants et m’annonce qu’elle va me palper. A ma grande surprise ils ne m’ont pas demandé de décliner mon identité, alors je décide d’appeler mon avocat. Nulle part dans la circulaire de Guéant, il n’est fait allusion à une palpation surtout que j’acceptais de décliner mon identité et de procéder à l’ identification, j’ étais donc en droit de refuser la palpation.

 

Étonnés de mon appel à l’avocat, les policiers se concertent et passent des appels à leurs supérieurs depuis leurs véhicules. De là, débute une grande divergence entre eux, à savoir… me palper ou non? Je decide d’accepter la palpation sous condition d’éviter mes parties intimes, chose qu’ils ont refusés. Ils décident de m’embarquer au commissariat de police de Sevran, sans m’avoir demandé de décliner mon identité, ni procéder à l’identification. Ils m’empoignent pour me mettre les menottes, la suite en image..

 

 

L’équipe du CCIF a pris contact avec la personne en question et tient renouveler son appel à témoin: si vous ou un de vos proches recevait une amende pour dissimulation du visage, nous vous invitons à entrer en contact avec nous au plus vite.

 

L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit.

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