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Le livre de Sandrine Moulères

La conductrice verbalisée en avril pour port du niqab au volant, qui avait contesté son PV au côté de son compagnon Liès Hebbadj, s’explique jeudi dans un essai sur son choix de porter le voile intégral, sur la polygamie et revendique de « vivre tranquille ».
Sandrine Moulères revient sur le fait divers politiquement repris et met en avant l’ambiance islamophobe en France.
La conductrice verbalisée en avril pour port du niqab au volant, qui avait contesté son PV au côté de son compagnon Liès Hebbadj, s’explique jeudi dans un essai sur son choix de porter le voile intégral, sur la polygamie et revendique de « vivre tranquille » selon sa foi.
Sur la couverture du livre, « Les boucs émissaires de la République », sous-titré « Moi, Sandrine, ma vie, mon histoire, ma vérité » (Michalon), Sandrine Moulères apparaît en niqab noir, ses seuls yeux ourlés de kohl visibles. Près d’elle, de profil, Liès Hebbadj semble lui parler.
« L’histoire, vous la connaissez. Ou plutôt, vous connaissez celle qu’on vous raconte dans les médias (…). De moi, de Liès, vous n’avez que l’image que l’on veut bien donner de nous et qui m’effraierait autant que vous si j’étais à votre place« , dit-elle en préambule. Elle ajoute qu’elle a commencé à porter « le niqab il y a dix ans par conviction. Et donc, de conduire voilée ».
« Laissez-moi donc tenter de changer votre regard, vous raconter comment nous sommes passés d’une contravention à un tribunal, d’un tribunal à une affaire d’état », ajoute-t-elle.
Sandrine Moulères raconte sa jeunesse dans la banlieue de Nantes, sa conversion à l’Islam, puis fait l’exégèse du Coran dont plusieurs versets « l’ont fascinée ». Elle décrit aussi comment son amie Miriana lui a proposé de devenir la deuxième épouse de son mari Liès… « Je ressentis quelque chose de positif dans cette idée de vie commune et partagée entre un homme et plusieurs femmes », écrit-elle. Au bout de quelques mois, elle accepte et assure trouver « complicité et « sécurité » dans la polygamie.
Dans une note, l’éditeur affirme: « d’aucuns diront que publier ce livre, c’est accepter, et même pire encore, défendre le droit à l’humiliation, favoriser le sectarisme, et inciter au prosélytisme. Face à la totale intolérance que d’autres réclament, nous opposons le droit à la parole ».
Liès Hebbadj et Sandrine Moulères ont fait la Une des journaux en avril, lorsqu’ils ont contesté publiquement le PV de Mme Moulères, en plein débat sur l’interdiction du voile intégral.
Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, demande aussitôt que M. Hebbadj soit déchu de sa nationalité française en évoquant des soupçons de polygamie et de fraude aux aides sociales.
Liès Hebbadj a depuis été placé trois fois en garde à vue et mis en examen deux fois, pour travail dissimulé et fraudes aux prestations sociales, le 9 juin, puis pour viols aggravés sur la personne de l’une de ses ex-compagnes, le 8 août. Il doit comparaître le 20 octobre devant le tribunal correctionnel de Nantes pour « abus de confiance ».
Le tribunal de police de Nantes rendra le 13 décembre sa décision sur la contestation du PV.

(« Les boucs émissaires de la République » – Sandrine Moulères – éditions Michalon – 157 p. – 15 euros)

La vidéo de son interview chez Europe 1

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